• Chapitre 14

    Chapitre 14

     

    “Je ne peux pas croire que tu aies fait ça, Putain ! Tu m'en veux toujours pour ce que j'ai fait quand on lavait mon scooter, c'est ça ?” Je râle après lui pendant que j'essore ma chemise trempée. Même si l'eau est chaude, j'ai assez froid depuis qu'elle m'a trempé. A la fin, je n'ai pas eu d'autre choix que d'enlever ma chemise et la laisser sécher.

    “Et qui t'a dit de dormir à cet endroit ? Comment j'aurais pu savoir qu'un abruti était là ?” Il n'existe pas de compromis possible avec ce fauteur de trouble. Ses ripostes sont sans fin. Cependant, il me tend une serviette du conseil des étudiants.

    “C'était l'eau sale de la serpillière ?”

    “Quoi ? Non ! C'était de l'eau distillée. Je changeais l'eau et il en restait au fond alors j'ai voulu la jeter”

    J'espère vraiment qu'il dit la vérité. J'accepte la petite serviette qu'il me tend et me hâte de me sécher. Je prévois de permettre à mon corps torse nu de sécher naturellement en laissant la clim du bureau des étudiant faire tout le travail. Pendant ce temps, Ohm a déjà fui vers la salle de cours. Mais avant de partir, il m'a fait une longue conférence sur le fait que j'avais choisi le mauvais endroit et que j’étais la raison pour laquelle il ne pouvait pas en profiter quand il séchait les cours. Donc je suis le seul responsable de tout ça en quelque sorte ?

    Je continue de me plaindre d'Ohm dans ma tête. Je peux sentir une large serviette être jetée sur moi. “Utilise ça pour te couvrir.” me dit Phun.

    Je l’attrape, toujours perplexe. “Je peux juste utiliser celle-là, c'est assez pour moi.”

    “Utilise celle-là. Prends-la... et couvre toi.” Qu'est-ce qu'il raconte comme conneries ? Pourquoi j'ai besoin de me couvrir ?

    Il semble qu'il puisse lire dans mon regard stupéfié. “Tu pourrais attraper froid.” Oh , je vois. Je hoche la tête avant de balancer la serviette sur mes épaules et de recommencer à me sécher les cheveux. Heureusement, mon short n'était pas mouillé, sinon ça aurait craint.

    Le temps passe et il n y a que le bruit de la clim qui remplit le bureau. Ça commence à devenir gênant.

    “Tu n'es pas supposé être en cours ?” Je décide d'être celui qui brise le silence.

    “Je vais attendre jusqu'à que tu sois sec d'abord.”

    “Ta fièvre est revenue ?” 

    “Non... “

    “Alors pourquoi tu m'as ignoré aujourd'hui... ?”

    “…..........” Cette question n'a pas franchi mes lèvres par accident. Je voulais vraiment lui demander. Je le fixe dans les yeux. Je veux qu'il sache que ce n'est pas comme si cette situation ne m'avait pas travaillé.

    Phun me regarde pendant un moment puis se retourne pour attraper un cahier sur un bureau.

    “… Tu pourras fermer à clef quand tu auras fini ? Je ferais mieux d'aller en classe.”

     C'est sa réponse.

     Il me dit qu'il ne veut plus de quelqu'un comme moi comme ami.

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    C'est sûrement vrai que la plupart des autres lycéens aiment probablement passer leur temps à faire ça en dehors des cours. Je ne suis pas l'un d'eux. Je deviens paranoïaque si quelqu'un m'appelle et m'invite quelque part.

    On dit que plus tu es effrayé par quelque chose, plus tu as de chances de tomber dessus. Donc Yuri est une personne réelle ou un fantôme ? A chaque fois que j'ai des sueurs froides, c'est le jour où elle m'appelle pour qu'on aille quelque part ensemble.

    Je suis encore à Siam aujourd'hui, avec Yuri se tenant à mon bras cette fois. Elle bavarde toujours joyeusement comme si elle était en compétition avec la musique qui passe dans le magasin. Cependant, aucun de ces bruits ne m’atteint.

    Je suis toujours en train de penser à ce que Phun a dit et à la façon dont il a agi, ça m'a tracassé toute la journée. J'y pense même si je sais que rien de bon ne peut en sortir.

    “Noh, tu ne trouves pas ça mignon ? Je regrette qu'il ne soit pas en rose, mais orange c’est quand même joli. On devrait peut-être acheter les deux. Tu peux avoir le bleu. Noh ? Noh ? Noh?!” Mon nom prononcé si fort, me sort finalement de ma transe. En fait, je n'ai écouté aucun mot de ce que Yuri a bien pu dire. J'ai seulement entendu quand elle a dit mon nom pour la troisième fois.

    “O-Oui ?”

    Mon manque d’intérêt évident cause à la fille qui a appelé mon nom un gonflement des joues, ce qui révèle sa tristesse. Mais alors, il se transforme en sourire.

    “Je prends le orange et tu prends le bleu , Ok ?”

    “Oh, bien sûr, combien ils coûtent ?” J'essaye de faire naître chez la personne qui n'a jamais été en colère contre moi un sourire. Je cherche mon portefeuille avec l'intention de payer, comme n'importe quel autre bon petit ami le ferait.

    “Je vais les payer. Je l’achète pour toi, Noh.”

    “C'est bon. Tu pourras payer quand on achètera quelque chose de plus cher. Je paye les trucs les moins chers moi même.” Lui dis-je en plaisantant, mais ces portes-clés idiots ne sont pas exactement du côté le moins cher.

    Yuri rigole. “Bien sûr !” Elle me fait un sourire ravi avant de m’amener payer au comptoir.

    Après qu'on nous aie mis nos portes-clés dans un sac jaune, Yuri les accroche immédiatement sur nos sacs de cours. Je suis debout, là, stupéfait, à l'observer focaliser toute son énergie sur l'accrochage des portes-clefs. Après un moment, elle me regarde avec un sourire et me montre son œuvre. “Ne le perds pas, d'accord ?”

    “Ouais.”

    Nous marchons bras dessus, bras dessous dans les magasins pendant un temps avant que Yuri ne se plaigne qu'elle a faim. Elle me prie, l'air espiègle, d'aller à « Siam discovery », au centre de Siam , pour que nous puissions trouver quelque chose à manger. Et comme toujours, je ne décline pas ses demandes.

    Nous bavardons le long du chemin jusqu'à ce que nous arrivions devant une librairie. Yuri s'arrête de marcher et fait signe à quelqu'un.

    C'est Aim et Phun ?!

    Pendant des années et des années, je ne suis jamais tombé sur ces deux-là par hasard. Je ne sais pas comment on fait pour toujours se croiser ces derniers temps.

    “Allons dire bonjour!” Yuri n'attend pas de réponse, elle commence à me traîner et me tirer à l'intérieur de la librairie. Elle ignore le fait que je m'efforce de ne pas bouger. “Je ne pense pas que nous devrions les déranger.” Elle continue de m’ignorer.

    “Ouah, quelle coïncidence, je t'ai vu te dépêcher de partir de l'école, je savais que tu avais des projets avec Noh.” Dit Aim à son amie sur le ton de la plaisanterie quand Yuri et moi arrivons. Phun est debout à côté, à regarder un magazine. Je ne sais pas vraiment quoi dire non plus.

    “On ne fait ça que de temps en temps.” La fille à côté de moi fait un grand sourire avant d'attraper les deux sacs de cours que je tenais et de les montrer à son amie.

    “Regarde, regarde, regarde ! Ils ne sont pas mignons ? Noh vient juste de me les acheter.”

    “Ils sont trop mignons ! Phun, tu veux en acheter pour nous aussi ?” Cette maladie qui fait que les filles doivent toujours être au dessus des autres est probablement une épidémie. A la seconde où Aim voit les porte-clefs (que je trouve complètement idiots) sur nos sacs de cours, elle tire fort la manche de Phun qui est encore en train de lire son magazine.

    Cela force Phun à la regarder avec curiosité. “Hum ?”

    Ses yeux perçants se posent sur les portes-clefs avant qu'il ne les lève une fraction de seconde et se tourne vers Aim avec un sourire. “Oh, bien sûr.”

    “Achetons-nous en un de couple, comme Yu et Noh ?”

    “Oui.”

    “Ouah ! Copieurs ! Alors qu'est-ce que tu lis de toute façon ?” Yuri interrompt la conversation entre Aim et Phun avant qu'elle ne se donne la permission de tourner la couverture du magazine. “Eh ?! C'est quoi ça ?! Un magazine de mariage ?! Vous deux n'avez même pas encore fini l'école !” Cela me fait tourner rapidement la tête et regarder.

    Phun fait semblant de regarder ailleurs donc il ne peut pas croiser mon regard, avant de prendre un magazine différent. (Maintenant, il a un magazine de Formule 1 dans les mains.) Il y a un petit rire venant de Aim. “Je les feuillette seulement car je trouve les robes jolies.” 

    “Mon dieu ! Vous n'êtes pas un peu pressés tous les deux ? Noh , devrions-nous en feuilleter quelques uns aussi ?” me demande Yuri à voix haute avant de se tourner vers moi ce qui me fait sursauter.

    “Tu...Tu es sûre que c'est une bonne idée ?”

    “Hahahaha.” Aim se fend d'un rire après avoir entendu ma réponse. Les joues de Yuri se gonflent à nouveau.

    “Tu aurais pu rentrer dans le jeu, Noh. Je suis triste maintenant.” Comment j’étais supposé savoir qu'elle plaisantait ? Nous pouvons consentir à être un vague couple, nous pouvons aller à de vagues rendez-vous, mais il n'y a rien de vague dans le fait de se marier. Je peux penser pour moi aussi, vous savez ? -_-'. Yuri tape deux fois sur mon bras pour me punir.

    “On ne va plus vous déranger maintenant, on va aller chercher quelque chose à manger. Je te vois à l'école demain, ok ?” On a décidé de partir après avoir eu notre conversation. Yuri fait un signe d'adieu à Aim et Phun, qui ont toujours les magazines dans leurs mains. Je décide de leur faire un signe aussi et de la suivre vers la sortie.

    C'est ce que j’aurais fait si quelqu'un ne m'avait pas attrapé le bras.

    Je tressaille un peu et je me tourne pour voir une main que je reconnais très bien. Cette main descend lentement et entrelace ses doigts aux miens. Qu'est-ce qu'il fait ?! Je regarde sa main, puis le visage de Phun. Sa petite amie n'a pas l'air de se rendre compte de ce qu'il se passe.

    Un sourire prend forme sur ses lèvres pendant un petit moment. Il serre fort ma main avant de me lâcher.

    Je ne comprends pas ce que Phun essaie de me dire.

     

    Chapitre 14


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