• Chapitre 9 : Toujours en attente.

    Chapitre 9 : Toujours en attente.

    Et au final, on était en retard !

    Tee et moi étions à bout de souffle alors que l’on courait dans la rue pour aller à l’école. On passa le passage pour piétons de la rue principale encombrée de nombreuses voitures bien qu’il soit plus de 8 h, l’école avait déjà commencé. L’hymne national résonnait fort, très fort. La chanson se heurtant violemment au son des moteurs des voitures de l’autre côté de la rue. “Putain ! Sérieusement quelle malchance.” Je râlais alors que j’essayais d’avancer plus vite.

    “Allez, Fuse, plus vite !”

    “Je vais aussi vite que je peux ah !”

    Pourquoi était-il capable de courir aussi vite, bien plus vite que moi, tout en restant aussi beau, en mangeant un pain cuit à la vapeur et en aspirant une brique de lait ? J’espérais vraiment qu’il tombe comme un crêpe...

    “On aurait été à l’heure si tu courais plus vite !” Hé ! Cet idiot disait encore des bêtises.

    “Va te faire foutre !” Je m’époumonais avec le premier couplet de l’hymne nationale. Comment être à l’heure quand tout votre programme est chamboulé ? Pour commencer, j’avais réglé le réveil mais Tee l’avait éteint car il n’avait pas envie de se lever. Du coup on se lève en retard, on prend une douche en 2 minutes top chrono, on ne déjeune même pas, on doit passer chez Tee pour qu’il se change et on s’est précipité vers le BTS mais il était déjà presque 8 h ! Pourquoi mon école ne pouvait-elle pas être rattachée à la gare, ce serait tellement plus facile.

    Ok, Dieu merci, l’école était enfin en vue ! Je remerciais dieu et je pourrais enfin aller aux toilettes !

    “Thinatat ! Tanyawat ! Venez ici !”

    Ah, on dirait que les dieux n’étaient finalement pas de mon côté quand je vois le visage strict d’un homme de 40 ans nous pointer du doigt et nous demander de nous mettre en ligne avec d’autres élèves en retard... C’était un ordre et on ne pouvait qu'exécuter…

    “Thiratat, comment peux tu être toi aussi en retard et avec lui ?” Le professeur le dévisagea incrédule. Tout le monde savait que Tee était un bon élève, bien connu qui avait le sens des responsabilités, qui n’enfreignait jamais les règles de l’école et qui avait d’excellents résultats.

    “Quant à toi… Vas là bas ?”Oh … Moi ?” Je regardais le visage du professeur “bec de canard” interrogatif pour être certain que l’ordre de partir était pour moi. (En fait, il avait un vrai nom, mais toute l’école aimait l’appeler par ce surnom, parce qu’il parlait comme un canard et qu’en plus il enseignait l’agriculture… Celui qui avait pensé à ce surnom était vraiment doué, parce que s’était approprié.) “Oui toi !” L’enseignant avait crié mon nom si fort que la fanfare s’était retourné pour regarder. Pourquoi devait-il crier ? Regardez moi les juniors se moquaient de moi... “Ne sois pas en retard à nouveau !”

    “Oui !” Ai-je dit choqué alors que je me séparais rapidement de Tee et partais pour rejoindre une nouvelle rangée le plus vite possible.

    Je m’étais retourné pour trouver Mo un peu plus loin sur la ligne, lui était toujours ici, car il était toujours en retard (on pouvait dire que son corps était mince et musclé à cause des punitions constantes du professeur). Mo avait remarqué ma présence et me fit un clin d’oeil. On continuait tous les deux à bouger nos lèvres en silence, nous insultant l’un l’autre. Jusqu’à ce que la voix rauque du professeur attire notre attention.

    “Phasakon ! Vous connaissez vos responsabilités ! Allez !”

    Un nouvel ami s’était joint à nous et il était plus jeune, un junior presque aussi grand que moi (peut-être ?). Il s’était silencieusement glissé derrière moi, alors que l’hymne nationale se terminait. Bon sang ! Pourquoi personne n’était pressée ? Où était-ce juste que ce groupe avait l’habitude ?

    Je commençais à m’interroger pendant que je regardais la personne à côté de moi, me disant qu’il me disait quelque chose… Une fois … Où est ce que je l’avais déjà vu ? Oh ! Oh, je me souvenais maintenant, lors du spectacle de Noël de l’année dernière, il avait participé avec le groupe de l’école en tant que chanteur principal. Il était aussi célèbre pour avoir participé à un évènement avec P’JuyJuis. J’avais aussi entendu dire que son groupe (dont j’avais oublié le nom) avait été sélectionné et faisait partis du top 10 des finalistes d’une émission de radio populaire. Mais ce n’était pas ce qui m'intéressait, ce qui était le plus impressionnant, c’était… Comment ce gamin pouvait avoir une telle coiffure contre les règles de l’école, avec un pantalon court et serré et un petit cartable, il devait plier ses feuilles en deux pour les ranger. Comment avait-il survécu à la salle de retenue ?

    “Qu’est ce que tu regardes, P’ ?” Il me gronda rudement. Peut-être que je ne devrais pas regarder les gens de cette manière. “Hé ! Tu es P’Fuse, non ?”

    Hum, il me connaissait ?

    “Er... euh… Comment tu me connais ?

    “Je te vois souvent P’, sur les réseaux sociaux, mais tu sais que tu est bien plus mignon en vrai que dans les vidéos ? J’ai commandé de la crème contre l’acné que ta soeur recommandait. Après l’avoir utilisé, la peau de mon visage est devenue très nette, tu vois ?” Oh… C’était rare que quelqu’un m’en parle, mais merci pour ton soutien, même s’il me parlait comme si j’étais une fille.

    “Tu devrais dire beau, je n’ai pas envie qu’on me dise que je suis mignon.” Je fronçais les  sourcils, irrité.

    “Tu es une combinaison des deux, mais je pense tu es plus mignon que beau. Regarde… Tu as une jolie peau blanche et de jolie lèvres rouges aussi.” Hé ! Pourquoi il était en train de me tirer sur la bouche comme ça ? J’avais réussi à lui claquer le côté de la tête car il me touchais plus longtemps que nécessaire, ce qui le fit crier fort. “Oye !”

    “Mais… Tes lèvres sont vraiment rouges, elles sont vraiment appétissantes.” Il leva la main et essaya de me toucher encore les lèvres avec un petit sourire en coin... 

    Clac ! Hé mange une gifle, c’est beaucoup plus appétissant..

    “Ouch ! Tellement violent. On ne peut pas s’amuser ?” me disait-il en se frottant la joue. Juste là, parce que l’on venait d’en parler, mais son attitude effrontée montrait qu’il n’était pas sérieux et aimait plaisanter… Un peu comme une certaine personne.

    Inconsciemment, je me tournais vers Tee, qui se tenait devant moi sur une autre ligne, me tournant le dos.

    Ce matin, on s’était dépêché d’aller à l’école et on avait même pas eu le temps de parler des événements de la nuit dernière… Peut-être que la nuit dernière était une manière pour lui de ma taquiner une nouvelle fois. Vraiment, je ne comprenais pas pourquoi il avait dit ça avant de dormir… Merde ! Pourquoi dire qu’il se sentait bien… Se sentir bien à propos de quoi ? Du baiser ? Je fronçais les sourcils alors que mon esprit était emplit d’une sensation de chaleur, repensant au moment où il m’avait serré dans ces bras. J’avais essayé de résister à de telles pensées, mais au fond de moi-même, je savais que mon coeur n’avait pas détesté ce baiser, même si nous étions tout les deux des hommes (si c’était quelqu’un d’autre qui m’avait fait, je l’aurai frappé !).

    C’était bon ? Et bien, je ne savais vraiment pas… C’était difficile à expliquer… Quelques part, au fond de moi, mon cerveau me demandait s’il se sentait bien ou pas. Honnêtement, depuis que je sortais avec Jean, on se n’était jamais vraiment embrassé (enfin, juste un baiser sur la joue). Dormir avec son amant, la personne avec qui vous sortez est certainement quelque chose de normale, mais avec Tee… Nous n’étions que des amis et rien de plus, non ?... Euh… Enfin… Haaa je ne me comprenais pas moi-même, alors comment le comprendre lui. A ce moment j’étais encore plus confus et Tee s’était retourné pour me regarder. Il se contentait de m’observer en silence. Ça… Est ce que j’avais encore fait quelque chose de mal ?

    Quand soudain un doigt tira sur ma lèvre inférieure d’avant en arrière, me faisant perdre le fil de mes pensées… “Je veux t'embrasser !” Agacé, je repoussais sa main une nouvelle fois. Est ce que ce gamin voyait mes lèvres comme des légos ou quoi ?

    A mon tour d’essayer de trouver une partie de son visage avec laquelle je pourrais m’amuser… En regardant de plus près, il était plutôt beau, un nez droit qui m’avait rendu un peu jaloux. Peut-être que je pouvais lui caresser le nez, juste un peu.

    “Hé, ton nez est si amusant à toucher, hé hé !” Il ne pouvait rien dire car je tirais son nez pour m’amuser. Son visage très blanc, un style chinois, qui était populaire et plaisait aux filles, se plaignait avec une expression ironique sur ce beau visage... “Oye… Ça fait mal ! Ça fait mal ! Ça fait mal ! P’Fuse, tes mains pourraient me casser le nez, pour sûr.” Inutile d’exagérer autant, ok, je secouais la tête, j’en avais marre, avant de me rappeler que ce n’était pas le moment de jouer avec lui. Alors j’avais porté un doigt à ma bouche avant de murmurer.

    “Ne parle pas si fort où tu auras des ennuis avec le professeur.”

    Ensuite on avait tous les deux jeté un coup d’oeil à l’enseignant, qui était occupé à punir un autre groupe d’élèves et n’avait pas remarqué le tumulte de notre côté. Merci mon Dieu, alors…

    “P’, échappons nous ensemble maintenant !”

    Un “Hé !” venait de m’échapper, et je jetais vite un coup d’oeil au professeur tout en regardant aussi dans la direction du chemin à prendre. “Est ce que… Est ce vraiment une bonne idée ?” Pour être honnête, je ne pouvais pas le faire, j’avais peur de devoir faire 200 squats en punition.

    “De quoi tu as peur P’ ? Je le fais souvent.” Un défi que personne n’accepterait !

    “Juste un peu… Qui a peur ?” Je gonfle ma poitrine avec un air à 100 % confiant, mais je dois quand même enlever 2 % quand il reprend la parole.

    “Alors, P’ tu iras en premier, vite !” Batard, depuis quand c’est toi qui me dis quoi faire ?! 

    “Tu pars en premier… Je… J’ai un mauvais pressentiment.”

    “Quel genre de mauvais pressentiment...Où est ce que c’est plutôt de l’excitation ?” Hé, pourquoi il utilisait ce genre d’expression ? A quoi il pensait ? Quel mauvais timing.

    “J’ai un mauvais pressentiment à cause du professeur, en plus je n’ai jamais fait quelque chose comme ça avant.” Je regardais autour de moi, comme un voleur qui craindrait de se faire arrêter par la police.

    “Dommage, allez on compte jusqu’à trois et on cours en même temps, ok ?”

    Ouais, ça sonnait beaucoup mieux comme ça…

    “Un…”

    “Deux…”

    Je n’avais pas eu le temps de compter jusqu’à trois que soudainement mon bras avait été saisi avec force par une personne, “Fuse, court !”

    Tee qui sortait de je ne sais où, m’avait crié dessus et m’avait tiré loin du professeur et du groupe de retardataires (j’étais reconnaissant à quiconque m’avait envoyé de l’aide)...

    “Oh ! Mais attendez moi !” Ce gamin avait essayé de nous suivre, et les juniors et les seniors des autres lignes nous regardaient. Je n’avais vraiment pas le temps de savoir ce qui se passait, ni si c'était bon ou pas, ni d’écouter la voix du professeur qui criait derrière nous et nous pourchassait. Mon poignet était sur le point de lâcher, mais Tee avait couru plus vite en me serrant plus fort. S’il voulait m’aider, il aurait pu être un peu plus attentionné ? Non ?

    Nous nous étions bien éloignés et avions couru pendant, ce qui me semblait être une éternité,  avant de nous arrêter sur la petite pelouse derrière le bâtiment d’administration ( nous nous étions baissés pour passer sous la fenêtre de peur que le professeur dans la salle ne nous voient.).

    Pour le moment, tout le monde était en train de chanter la chanson de l’école  c’était le bon moment pour nous d’aller nous glisser dans nos classes.

    “P’Tee, tu es en retard avec lui ?”

    “Oui mais c’est un hasard…” Il avait parlé assez familièrement mais quand Tee avait dit le mot “hasard”, il n’avait pas à me regarder avec un air aussi critique, ok… J’étais coupable.

    “Vous… Vous connaissez ?” nous demanda Tee...

    “Je viens de faire sa connaissance, les petites lèvres rouges de Fuse sont vraiment magnifiques...” Oh, mais il n’est pas fini lui, son cerveau a fondu ou quoi ?!

    “Tu connais peut être mon prénom, mais moi je ne sais toujours pas comment tu t’appelles.”

    “Oh, vraiment… Ha Ha Ha.” Il souriait en se grattant la tête. J’étais surpris, était ce vraiment ce chanteur qui avait fasciné la foule lors du spectacle de Noël de l’année dernière. “Je suis Rodtang, mais mes amis m’appelle Tang. Tu peux m’appeler comme tu veux.”

    “Oh, alors je vais juste t’appeler cafard, je peux ? Parce que tu es vraiment énervant et bavard, ça me donne envie de te donner un coup sur la tête. Hé Hé Hé.”

    Mais avant ça, j’allais d’abord frapper Tee !

    “Ha ha ha… Vraiment audacieux pour quelqu’un qui a cette coupe de cheveux.”

    Evidemment, j’avais furieusement frapper son pied alors qu’il parlait grossièrement et étais satisfait quand il avait gronder pour m’arrêter. “Comme si ta tête était meilleure que la mienne, idiot !” Parler de mes cheveux était un autre sujet sensible. Durant l'entraînement militaire, on nous rasait les cheveux s’ils étaient trop longs. Je pouvais enfin garder ma longueure de cheveux et ma coupe élégante. Mon entraînement militaire de deuxième année s’était achevé la semaine dernière et je ne voulais plus entendre Mo et Frame se moquer de ma tête (ces deux idiots ne comprenaient rien et je ne savais quelle était leur méthode pour échapper à tout ça, mais j’attendrai que leur tour arrive et c’est eux qui pleureront pendant leur entraînement militaire !).

    “Je vais retourner en classe en premier, le professeur peut facilement nous voir ici.” avait déclaré Rodtang qui nous avait fait un signe. “Alors à plus tard P’Tee et P’Jolie lèvres rouges. Fuse, j’aimerais, si j’ai de la chance, t’embrasser un de ces jours.” Il attrapa son sac, le porta à son épaule et s’éloigna rapidement. Ces derniers mots m'avaient fait frissonner, mais ce qui me fit frémir davantage, c’était les yeux brillants de Tee.

    “Tu aimes les garçons plus jeunes ?” 

    Est-ce qu’il devait vraiment me dire un truc aussi pathétique ?!

    “Aimer…. Mon cul ! Arrête de penser à des bêtises !”

    “Tu rayonnais quand tu jouais avec lui tout à l’heure.” Il secoua la tête en continuant de marcher.

    “On se taquinait, c’est tout. Comme… Là ! Je vais aussi te taquiner comme ça !” Je frappais sa tête, piquais son visage et riais joyeusement… Mais l’expression de Tee…

    “Ce bâtard était en train de toucher les lèvres, mais la seule personne qui peut les toucher, c’est moi !” Ha, Haa ! Est que j’ai bien entendu ? Alors pourquoi me dire qu’il pouvait n’être que le seul à toucher mes lèvres ? Il était fou ! J’allais lui pincer les lèvres si fort qu’il allait avoir mal jusqu’à ce qu’il rentre chez lui en pleurant.

    “Et pourquoi juste toi ?” lui demandais-je, mon coeur battant la chamade et sur le point d’exploser...

    Tee s’était rapproché de moi, ouvrant la bouche comme s’il se préparait à me dire quelque chose. “C’est parce que… Parce que… Ne me demande pas ! Tu dois le découvrir toi-même. Ha, ha, ah !” Son sourire me provoqua des picotements du cuir chevelu, il tendit la main, me caressant la tête d’un air enjoué, comme s’il caressait la tête d’un chien obéissant (euh, ma tête avait peut-être la forme d’un ballon, mais ça ne voulait pas dire que tu pouvais jouer avec.). Une bouffée de rage m’envahit et je me disais : très bien, si tu ne veux pas parler, ne le fait pas. Je ne veux rien savoir !

    Tee souriait toujours, leva la main pour me caresser doucement les lèvres… C’était complètement différent du toucher de Rodtang. Tee était très doux et son doigt laissait une sensation de brûlure, comme si je prenais feu, des étincelles. C’était vraiment une sensation étrange, j’avais l’impression d’être en transe, debout, silencieux et je n’avais même pas repoussé sa main… Nous étions juste restés là à nous regarder dans les yeux.

    Jusqu’à ce que…

    “C’est donc là que vous vous cachez tous ! Vous allez avoir des ennuis, je vous le promets !” Oye ! C’était la voix de bec de canard, notre professeur.

    Tee et moi avions avalé notre salive, retenu notre respiration et avions couru aussi loin que nos pieds pouvaient nous porter, et ce très loin juste pour être sur. Mais en y repensant, on pouvait aussi dire que fuir était bien plus fatiguant que les squats (peut-être…). Mais j’avais tort...

    “Fuse, espèce d’enfoiré !” Au moment où je posais un pied dans la salle de classe, la voix forte d’Ai’Mo m’interpella, lui le doigt braqué vers moi, m’accusant de quelque chose alors que Ai’Top et Ai’Wit criaient également pour savoir ce qu’il s’était passé. “Bâtard ! Quand tu es arrivé en retard ce matin, tu as osé partir tout seul et t’échapper.” M’échapper ? Avait-il vraiment vu ce qui s’était passé ? J’avais été entraîné ou plutôt traîné ! (bien avant que je n’ai eu l’idée de fuir ah, ah.)

    “Connard ! Tu as osé laissé derrière toi un ami qui ne t’a jamais trahi !” Dur ! J’en avais presque vomi d’entendre ça du type qui m’avait laissé tout seul dans un immeuble sombre et vide… Je ne m’étais pas encore vengé ! “Tu aurais dû me dire que tu allais t’enfuir ! Bec de  canard m’a encore puni.” Ai’Lookmo se plaignait vraiment sans cesse.

    “Tee m’a entraîné par surprise avec lui, je te l’aurais dit quand ? Hein ?”

    “Oh... Ai’Tee et toi étiez en retard ensemble ?” J’avais atteint ma table pour poser mon sac dessus, Ai’Frame me l’avait aussi demandé mais sans forcément faire attention à ma réponse car il était plus occupé par son jeu sur iphone... J’avais l’impression que l’on m'avait posé cette question déjà au moins trois fois… J’étais en retard pour la première fois en trois mois, mais c’était tout ce qu’ils commentaient.

    “Tu arrives en retard avec lui et vous vous enfuyez ensemble... Dis moi ce qui se passe ?” me demanda Ai’Mo jusqu’à ce que le regard de tous mes amis se tourne vers moi, attendant une réponse.

    “Tu es allé à l’école avec lui ?”

    “Er… On est venu ensemble.” J’avais répondu franchement car il n’y avait rien de surprenant ni rien de mal à ce que des amis se rendent ensemble à l’école...

    Mais j’ai compris très vite que mon groupe d’amis de merde était tellement curieux qu’ils me posèrent encore plus de questions ! “Vous vous êtes rencontrés sur le chemin ou bien vous avez dormi ensemble la nuit dernière ?” Euuuh… Ahhhh… Tellement franc à ce sujet, j’étais sans voix.

    “Il… Il est resté chez moi.” Il n’y avait rien de mal à ce que des amis dorment les uns chez les autres… Pourquoi ces bâtards me regardaient-ils de façon aussi suspicieuse ?.

    “Tee et toi vous vous entendez bien, hein ?”

    Hum… La sueur commençait à couler lorsque mes amis m’entourèrent comme un seul homme, j’avais l’impression que le climatiseur s’était transformé en radiateur. 

    “Oui… Depuis ce… Vendredi soir.” Même Ai’Frame avait fait une pause sur son jeu et rejoint les autres. Je me sentais comme un lapin prisonnier d’une meute de loups affamés. 

    “Ah oui ! C’est ce soir là qu’il t’a ramené chez lui…” Aaaaah je vous en prie, je ne voulais pas me rappeler de cette nuit là, je ne voulais pas y penser....

    “Alors… Et alors ! Il n’y a rien de spécial à dire. Je ne pas aussi proche de lui et c’est de votre faute s’il est venu dormir à la maison. C’est vous tous, hier, qui m’avez laissé seul pour rendre les devoirs, quand j’ai voulu sortir de l’immeuble, toutes les portes étaient fermées. Heureusement que Tee était là sinon je serais mort dans cet endroit sinistre.” Je laissais échapper ça, faisant semblant d’être blessé et énervé car je pensais que changer de sujet de discussion était une bonne idée. Ce qui se révéla plus efficace que prévu. Cette meute de loups ressemblait maintenant à des chatons, tous en train de s’excuser et de se blottir contre mes pieds. Ha ha ha ha... On dirait que j’ai bien su les apprivoiser !

    “Hé Vraiiiiment ! On est tellement désolééééééé… On ne savait pas que tu serais coincé… Ne sois pas contrarié, ne te fâche pas, ok ? S’il te plaît ?fâche pas ok, S’il te plait… S’il te plait… S’il te plaît !” Je commençais déjà à leur pardonner quand Ai’Mo se blottit contre mes cuisses, ça chatouillait. “Ne te fâche pas, sinon je vais te chatouiller.” Au moment où il disait ça, il commençait à chatouiller mon cou.

    “Ha ha ha ! Bâtard, ça me chatouille, hé !”

    Et d’un coup, il n’y avait plus qu’une seule personne mais une deuxième et ainsi de suite. Ai’Frame m’avait coincé et verrouillé les bras, Ai’Wit m’avait bloqué les jambes pour m'empêcher de partir et pour laisser mes autres amis m’entourer et me chatouiller le ventre. Assez !  Je ne pouvais plus m’arrêter de rire. Ah ah ah ah ah ah ! Bande d’idiots ! Attendez que vous vous arrêtiez et je vous montrerai de quel bois je me chauffe !

    “Arretez de jouer… Ha ha ha ha ! …Hé ! … St..op… Déjà… As..sez… Je vous en prie…. Ai’S pas… Pas cet endroit… Je ne veux pas… Ha ha ha ha ha ha ha ha.” Ce genre de rire n’était pas drôle du tout, je ne pouvais pas le contrôler… Ow ! Qui était en train de me toucher là, si bas ! Ha ha hah ! (Encore une fois ce n’était pas drôle). “Putain ! Ne me touchez pas là !! As...sez… Ha ha ha ha... Ou bien…” Regardez moi leurs expressions, ils sont ravis et ils ne vont pas être facile à arrêter ! 

    Tu peux dire qu’il n’y a personne d’autre, mais je le sens  ♪

    ♪Tu peux me dire que tu es chez toi tout seul, mais je le vois ♪

    La sonnerie de mon téléphone avait interrompu leur acharnement contre moi et mes amis me libérèrent enfin. J’étais sauvé... J’entendais Ai’Mo grogner, il m’avait laissé ajuster mon t-shirt afin que j’ai l’air normal avant de me frapper dans le bas ventre, et il avait bien visé au milieu. Putain ! J’étais submergé par la douleur et je chancellais pour m’asseoir, je pouvais entendre le rire de mes amis dans la pièce. Attendez que je finisse cet appel, et je le leur ferais regretter !

    Je m’étais glissé au bord de la fenêtre afin d’éviter les bruits de fond pour pouvoir décrocher et mettre ainsi fin au son de la sonnerie.

    L’écran montrait la photo d’une jeune femme souriant joyeusement.

    Jean…

    Mes mains empoignèrent le téléphone en tremblant.

    Depuis samedi, Jean avait essayé de m'appeler plusieurs fois et m’avait laissé de nombreux messages, mais je n’avais pas eu le courage de répondre à l’un ou à l’autre. Et puis hier soir, Ai’S m’avait appelé pour me dire qu’il avait vu Jean assise dans une décapotable luxueuse avec un bel homme à la sortie d’un hôtel de luxe. Bien que je ne veuille pas l’accuser de quoique ce soit, je ne savais toujours pas si les gens disaient ou non la vérité. Je ne pouvais pas nier que je n’étais pas en colère mais je n’étais pas non plus impatient d’entendre sa voix mélodieuse. Car je pouvais dire que je l’aimais encore beaucoup.

    Quand je pensais à tout l’amour que je lui avais donné, j’avais l’impression d’un gaspillage et mon coeur était vraiment blessé...

    J’étais désolé.

    J’appuyais pour éteindre le téléphone, malgré la sonnerie que j’entendais encore...

    L’écran devint noir, un flash clignotant indiquait que l’appel avait été coupé, je réfléchissais un instant, puis remis mon téléphone dans ma poche.

    Peut-être que je faisais ça pour qu’elle réalise ce qu’elle avait fait...

    Quoiqu’il en soit, j’espérais que Jean pourrait redevenir celle que j’avais toujours connue...

    Même si c’était la façon de penser d’un idiot plein d'espoir peu importe.

     

    Chapitre 9 : Toujours en attente.


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