• Chapitre 7 : Convergence.

    Chapitre 7 : Convergence.

    J’ai l’impression d’être plongé dans du coton, je navigue entre conscience et inconscience alors que les images de mon souvenir vont et viennent, me glaçant de terreur, et je voudrais leur échapper. Je tremble, je le sens, mais je n’arrive pas à me contrôler, c’est comme si je ne contrôlais pas mon corps pour le moment. La douleur est présente aussi, ma tête me fait un mal de chien, je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs. Je ne sais pas comment faire pour m’éloigner de tout cela. 

    Soudain une sensation de chaleur me fait doucement soupirer de bien-être, elle se pose sur mon front et je ressens un léger apaisement. Une caresse légère sur la zone entre mes yeux jusqu’à ce que les traits de mon visage se détendent petit à petit. La réalité commence à reprendre le pas sur tout le reste, certains bruits me font réagir, je sens que je ne suis pas seul dans la pièce, mais je n’ai pas peur. Je m’agite, mes yeux s’ouvrent et se ferment à plusieurs reprises, mais la lumière m’aveugle et pourtant, je le remarque tout de suite, ce n’est que ma petite lampe. Je suis actuellement dans ma chambre et je ne comprends pas ce que je fais là, alors qu’il y a quelques minutes je me trouvais en train de boire.

    Je grimace quand je tourne la tête et qu’une douleur aiguë me vrille le crâne. Je lève la main en grognant dans l’idée de voir ce qui ne va pas avec ma tête, je suis pas loin d’effleurer mon cuir chevelu quand une main se saisit de la mienne. “Tu vas te faire mal si tu touches aux fils.” Un sentiment de déjà-vu me saisit brusquement, alors que je tourne la tête pour croiser les yeux de Ohm.

    Je déteste cette maison, je veux rentrer chez moi, je veux retrouver ma famille. Ici je suis tout seul et puis je suis mort de peur, je n’arrive pas à dormir, car à chaque fois que je ferme les yeux, je revis la même scène encore et encore, comme si c’était un vieux disque rayé. Je n’ai pas dormi depuis plusieurs jours, mon oncle m’a forcé à prendre un cachet et alors mon corps ne m’a plus écouté. Je me suis endormi sans réussir à lutter, mon corps s’est reposé, il en avait besoin pour guérir de ses blessures, seulement, les pilules n’ont pas tenu les cauchemars au loin.

    Je veux échapper au rêve, je veux échapper au monstre et j’ai dû me débattre violemment dans mon sommeil, car je me réveille brutalement à cause du choc de mon corps sur le sol. Un bruit sourd m'indique que dans ma chute j’ai embarqué tout ce qui se trouvait sur ma table de nuit. Je m’en fiche de tout ça, je n’arrive pas à respirer, l’air ne semble pas vouloir entrer dans mes poumons et j’ai soudain peur de mourir là à même le sol de cette chambre inconnue. Je me recroqueville sur moi-même en sentant des sanglots muets soulever ma poitrine, ce qui ne m’aide pas à reprendre ma respiration, bien au contraire.

    Mon corps se met à trembler et je me demande si je ne vais pas commencer à convulser. J’entends des pas se précipiter dans le couloir vers ma chambre et j’espère voir mon oncle. Ce genre de crise, ce n’est pas la première fois que j’en fais une et même si elles sont impressionnantes, il arrive à bien les calmer.

    La porte s’ouvre de manière un peu brusque, me faisant sursauter. Je lève alors les yeux et sens une pointe de peur m’étreindre un peu plus le coeur. Il s’emballe alors et j’ai l’impression qu’il va finir par s’arrêter de battre. Est-ce qu’il est possible de mourir d’une crise de panique. J’aurais peut-être la réponse bientôt.

    “Nong Fluke ?” Je l’ai déjà croisé à plusieurs reprises, il est plus âgé que moi et il vient souvent demander à sa mère si elle a besoin d’aide. On n’a jamais vraiment parlé, mais je sens souvent son regard sur moi. Et si je déteste que l’on me regarde, lui, étrangement, je le supporte. Il reste immobile un instant, tentant d’analyser la situation et pendant une fraction de seconde, je peux lire la peur dans son regard, avant qu’il ne se ressaisisse et s’approche de moi.

    Il contourne le lit avant de s’agenouiller devant moi, bien trop proche à mon goût, mais pour le moment, je m’inquiète plutôt de mon incapacité à respirer plutôt qu’au fait qu’il lui suffit de lever la main pour la poser sur ma joue. “N’aie pas peur, je ne vais pas te faire de mal.” Son pouce caresse doucement ma joue alors qu’il me regarde avec un sourire bienveillant aux lèvres, mon coeur est moins oppressé, je n’ai plus l’impression que je vais faire une crise cardiaque et je ne comprends pas vraiment comment il fait. “Je m’appelle Ohm. Et je vais t’aider d’accord ?” Je n’arrive plus à réfléchir, je panique complètement alors que mes poumons refusent de laisser l’air passer. Il saisit mon visage entre ses mains et me force à le regarder dans les yeux. Je voudrais détourner le regard, m’éloigner de lui, mais encore une fois, juste par ses gestes, il m’apaise et je pose une de mes mains sur son poignet. “Suis ma respiration. Inspire profondément… Expire…. Continue comme ça…” Sans lâcher mon visage, il respire profondément, m’incitant par sa voix basse à l’imiter.

    Il faut de longues minutes avant qu’enfin, je m’apaise, avant que je puisse respirer normalement. Je sens mon corps se détendre et je m’adosse contre le bois du lit, totalement épuisé. Ohm m’a lâché, mais il se tient toujours près de moi pour s’assurer que je ne vais pas paniquer de nouveau. “Tu as fait un cauchemar ?”  Je hoche la tête doucement et je l’entends soupirer, pourtant, il ne fait aucun commentaire supplémentaire, il ne cherche pas à me rassurer et à me dire que je ne devrais pas me laisser aller par ça. “Tu peux te relever tout seul ?” Je voudrais pouvoir hocher de nouveau la tête, mais j’ai encore les jambes qui tremblent et je ne suis pas sûr qu’elles me soutiennent. Alors cette fois, je secoue la tête et il se redresse sans faire de geste brusque. “Attends, je vais t’aider.” Il s’approche de moi et me prend dans ses bras avant de me soulever comme si je ne pesais rien et de me poser sur le lit.

    Habituellement, je suis terrifié quand un inconnu me touche, depuis mon réveil, seul mon oncle et sa soeur peuvent le faire. Pourtant, là, je suis à l’aise quand il me sert légèrement contre lui, mes tremblements se calment et pendant un moment, je ne pense plus à rien. “Je suis sûr que maintenant tu vas bien dormir.” Il remonte la couverture jusqu’à mon menton pour être certain que je sois au chaud. “Loung Wanchana reviens demain, jusqu’ici c’est moi qui veille sur toi d’accord.” Mon ventre se tord quand je comprends que mon oncle n’est pas dans la maison. Qui va me protéger alors… ? Et si le monstre revenait… ? Et… sa main se pose sur mon front et je me fixe à nouveau sur lui et il me sourit “N’aie pas peur. Je te promet Nong Fluke. Je veillerais sur toi aussi longtemps que tu en auras besoin.”

    Comment j’ai pu oublier ce moment ? Pourquoi mon esprit l’a effacé de ma mémoire alors que Ohm a un pouvoir si apaisant sur moi ? Je n’ai pas la réponse, mais je croise de nouveau son regard qui est inquiet. Je suis un peu plus réveillé maintenant et j’arrive un peu à me rappeler ce qui s’est passé. Je pose la main sur sa joue pour attirer son attention et lui montrer ainsi que je veux communiquer. Il me fait un petit sourire, je n’ai pas besoin d’écrire cette fois, la question est évidente. Il soupire avant de m’aider quand il comprend aussi que je veux me redresser un peu avant de s’assoir sur le bord du lit. “Boun était en train de discuter avec Prem.” Oui ça je m’en souviens bien, j’ai d’ailleurs apprécié de les entendre discuter entre eux, j’ai été jaloux aussi, car jamais je n’aurai ce genre de relation avec qui que ce soit. “Et puis… Boun a dit un mot qu’il n’aurait pas dû et…. tu t’es effondré.” Je fronce les sourcils un instant, j’essaie de me rappeler ce qui s’est passé et je me souviens brutalement, je sursaute en écarquillant les yeux de stupeur. Ma respiration se fait plus haletante et aussitôt Ohm m’attrape les mains. “Tout va bien, ne t’inquiète pas. Tu es tombé et tu t’es ouvert le crâne, mais maman t’a soigné rapidement.” Ses pouces me caressent doucement les mains et je baisse les yeux pour le regarder faire, je suis presque hypnotisé par les gestes lents qu’il fait sur moi et finalement j’arrive à relever les yeux vers lui et je lui fais un petit sourire pour le rassurer. Je me sens étrange, je ne sais pas si je dois me sentir bien et en sécurité ou bien totalement paniquer à cause de ce qui s’est passé. Ohm se penche alors et ramasse un calepin et un stylo qu’il me tend. “Tu veux m’expliquer ?”

    Je prends une profonde inspiration pour me donner du courage, je ne sais pas si je pourrai expliquer en détail, mais avec lui, j’ai envie d’essayer. Alors je prends le stylo qu’il me tend tandis qu’il pose le carnet sur mes genoux. Je reste un moment immobile, regardant le stylo trembler entre mes doigts et je sens soudain mon regard s’humidifier, je ne sais pas comment je peux faire face aux images qui me sont venues, je me sens complètement anéanti, je ne comprends pas pourquoi il avait une telle haine pour nous dans son regard et… une main se pose sur la mienne et mon coeur rate un battement alors que je lève la tête, sentant en même temps une larme couler le long de ma joue alors que je laisse mes émotions prendre le dessus. “Fluke, je suis là. J’ai confiance en toi, tu peux le faire, parce que tu es plus fort que tu ne le penses.” Je me mords fortement la lèvre inférieure avant de finalement hocher la tête. Je ne comprends pas comment en quelques jours, il a réussi à faire tomber des barrières que même mon oncle n’a pas encore réussi à faire tomber et ça me fait peur.

    Pourtant, je finis par prendre une grande inspiration, puis je hoche la tête fermement avant d’ouvrir le carnet. Ohm me lâche la main pour que je puisse écrire et, ne voulant pas me presser, il va s’asseoir dans le fauteuil qui se trouve près de mon lit. Je reste immobile un instant, la mine du stylo au dessus de la feuille, avant de finalement me mettre à écrire, essayant d’ignorer les battements de mon coeur, la douleur dans ma tête, le tremblement dans ma main, qui rendent mon écriture parfois dure à déchiffrer et surtout, les larmes qui se sont mises à couler sans que je ne puisse les arrêter.

    Depuis sept ans, mes souvenirs s’arrêtent à un moment précis, une phrase qu’il m’a dite et … aujourd’hui, quand j’ai perdu connaissance, j’ai eu un souvenir qui est revenu. Je ne peux pas en parler, je… je n’y arriverai pas. Je veux me rappeler, mais j’ai peur de ce qui s’est passé, que je ne sois pas capable de faire face à ce qui est arrivé dans cette maison ce jour-là.

    J’hésite encore un instant, avant de finalement lui tendre le carnet. Pendant qu’il lit, j’entortille nerveusement la couverture entre mes doigts alors que je fixe le mur en essayant d’ignorer Ohm, installé à côté de moi. Il se passe de longues secondes où le silence est pesant avant qu’enfin il ne reprenne la parole. “Nong Fluke, c’est normal d’avoir peur, ce que tu as vécu… est horrible et je suis sûr que tu seras capable d’y faire face. Je ferai tout pour t’aider à le faire, je te l’ai promis.”

    Cette fois je relève la tête vers lui et j’arrive à sourire un peu plus franchement alors que je fais un geste pour réclamer le carnet. Il me le rend aussitôt sans attendre et je vois de la curiosité dans son regard, alors je me dépêche d’écrire. 

    Je me souviens de cette nuit là, de ta promesse. Tu n’es pas obligé de te forcer à la tenir, je ne t’en voudrai pas.

    Je ne veux pas qu’il se force à cause d’une promesse d’adolescent faite au beau milieu de la nuit. Je lui tends rapidement et je vois tout de suite que mon message ne lui plait pas du tout, mais il n’a pas le temps d’argumenter, car un bruit près de la porte de ma chambre me fait me crisper, avant de me rendre compte que c’est juste la mère d’Ohm qui se tient là.

    “Je suis contente de te voir réveillé.” Elle entre alors dans la chambre avec un grand sourire, elle ne semble pas du tout troublée par ce qui vient de se passer. Elle se contente de s’assoir au bord du lit, là où se tenait Ohm quelques minutes plus tôt. Puis elle me tend un médicament et un grand verre d’eau. “Prends ça contre la douleur, sinon, ça va vite devenir difficile pour toi.” Je prends le cachet avec confiance avant de le glisser entre mes lèvres et de boire le verre rapidement, me rendant compte que je meurs de soif. Je lui rends le verre et lui fait un petit wai pour la remercier. “Maintenant laisse-moi t’examiner.” Elle sort une petite lampe de sa poche avant d’en diriger le faisceau vers mes yeux, ce n’est clairement pas agréable, mais je la laisse faire. “Est-ce que tu as mal quelque part en particulier ?” Je fronce un instant les sourcils en réfléchissant, scannant mon corps en cherchant la moindre douleur et, non, il n’y a que la tête qui me lance. Je lève alors la main pour lui montrer mon crâne et elle rit doucement. “Tu vas avoir mal pendant quelques jours, heureusement, ce n’était pas trop profond, alors j’ai pu te soigner moi-même.” Elle me sourit avant de tapoter mon genoux comme pour me remonter le moral.

    Je sens soudain l’atmosphère changer et je comprends qu’elle veut me dire quelque chose et que ça risque de ne pas me plaire. D’ailleurs, quand elle commence à parler, elle ne me regarde pas, elle doit chercher à rester ferme dans son discours. “Demain je prendrai rendez-vous avec un psychologue de la ville. Ton oncle m’a fait promettre de te faire suivre si jamais une chose de ce genre venait à se produire.” J’attrape alors son bras, je ne réfléchis même pas, qu’elle est mon ainée, que je ne devrais pas faire ce genre de chose. Je tire sur son bras jusqu’à ce qu’elle tourne la tête et me regarde enfin et une fois de plus, tout ce que je peux faire c’est secouer la tête énergiquement grognant légèrement à cause de la douleur.

    J’ai presque envie de la secouer pour lui faire oublier cette idée farfelue et j’en veux soudain à mon oncle de me mettre dans cette position. Il sait que je ne veux plus voir de psychologue et pourtant, il fait tout pour me forcer, soi-disant pour m’aider à aller mieux. La main d'Ohm se pose soudain sur la mienne et appuie sur mes doigts. “Fluke, tu lui fais mal.” Sa voix n’est pas agressive, mais elle est ferme et me met en garde que je dépasse les bornes. Ohm a une autorité naturelle, il n’a pas besoin d’élever le ton pour faire comprendre quand les plus jeunes font quelque chose de mal. 

    J’écarquille soudain les yeux, me rendant compte que je suis en train de presser son avant-bras entre mes mains alors que les émotions que je ressens sont démultipliées par la peur et la colère. Je retire précipitamment mes mains et sens la culpabilité revenir comme une vague, alors que je vois les marques rouges sur sa peau. Je pose ma main sur ma bouche, ne sachant pas quoi faire, ni comment m’excuser alors que je suis incapable de parler et de nouveau, la colère me submerge mais cette fois, dirigée vers moi qui suis incapable d’aller mieux. Je ne comprends pas pourquoi tout me semble autant exacerbé, mais j’ai besoin de m’isoler un moment pour me ressaisir.

    Je repousse les couvertures et me relève du lit, bien décidé à aller m’enfermer dans la salle de bain. Là, je pourrai faire le point sur la situation, me calmer, j’ai l’habitude d’être seul, finalement, avoir tant de monde près de moi ne m’aide pas, au contraire, je perds pieds. Je voudrais partir rapidement, seulement, je me suis levé trop vite, j’ai oublié que je me suis cogné la tête et plutôt durement. 

    Ainsi dès le premier pas, je vacille, ma tête tourne violemment et ma vision se grise avant que des bras chauds ne m’entourent et ne m’attirent contre une poitrine large et ferme. Je ferme aussitôt les yeux alors que je me laisse aller, je prends une grande inspiration et son odeur emplit mes narines et sans même m’en rendre compte, un petit soupir de bien-être passe mes lèvres. “Calme toi.” Sa voix me fait frissonner alors que sans m’en rendre compte, j’obéis à sa demande. Une main me maintient fermement enlacer à lui, alors que l’autre caresse mon dos pour m’aider à me détendre. “Maman, on reparlera de ça demain, il a encore besoin de repos. Je vais veiller sur lui cette nuit, va dormir, tu as une longue journée demain.” Je ne sais pas la tête qu’elle peut faire, j’aimerais réellement m’excuser de lui avoir fait mal, de mon comportement immature, mais là, je n’ai plus envie de bouger, je ne veux pas quitter ses bras alors que je me sens pas loin de m’endormir à nouveau. 

    C’est quand Ohm m’aide à me rallonger dans le lit, que je me rends compte que sa mère est partie, nous laissant seuls tous les deux. Il m’installe, remonte les couvertures avant de me regarder droit dans les yeux et un instant, je pense qu’il va me disputer à cause de ce que j’ai fait, qu’il va me dire qu’il est déçu par mon comportement et à cette idée, je sens mon coeur se serrer et mon visage laisse une expression triste passer. “Je n’ai pas pitié de toi Fluke et je tiendrai ma promesse… parce que je veux t’entendre parler.” Je suis surpris, il n’évoque pas ce que j’ai fait, il ne parle pas d’aller voir un psy. Il revient sur le mot que je lui ai écrit et l’entendre clairement me dire ce qu’il désire me fait monter le rouge aux joues sans que je l’explique vraiment. “Alors ne cherche pas à m’éloigner de toi, d’accord.” Son regard est intense, perçant et j’arrive à peine à respirer alors que je hoche lentement la tête. Satisfait, il se redresse et maintenant que je ne suis plus sous son emprise je peux prendre une grande inspiration. Il va pour s’éloigner, pour rejoindre le fauteuil, sûrement dans l’idée d’y finir la nuit. Je le retiens alors par la manche, l’empêchant de s’éloigner et quand il reporte son attention sur moi, je me décale lentement pour lui laisser la place de s’installer à côté de moi.

    Il est surpris par mon comportement et il n’est pas le seul d’ailleurs, qu’est-ce qui me prend, je pourrais dire que c’est parce que je ne veux pas qu’il dorme mal dans ce fauteuil inconfortable alors qu’il a cours demain. Je pourrais effectivement le dire, mais ce ne serait pas la vraie raison. En vérité, c’est surtout parce que les quelques heures où j’ai dormi contre son épaule la nuit dernière, était parmi les plus reposantes depuis bien des années. 

    Il m’observe un moment, essayant sûrement de comprendre mon comportement, puis sans rien ajouter, il s’allonge à côté de moi, veillant à laisser une certaine distance entre nous. Il reste sur le dos, les mains posées sur son ventre, il observe le plafond alors que moi je le fixe lui, allongé sur le côté je lutte contre le sommeil en essayant de comprendre encore et encore pourquoi je me sens si calme quand il est proche de moi. Je ne sais pas si j’aurai la réponse un jour, mais je veux en profiter, je veux sentir l’apaisement que sa présence me donne. 

    Je pensais qu’il ne me regardait pas, pourtant, dès que je suis assez proche de lui, il soulève son bras, me laissant ainsi me coller contre lui, poser ma tête contre son torse avant qu’il n’entoure mon corps de son bras. Il n’y a pas besoin de parler ou d’argumenter, mon oncle avait raison, venir ici, m’aide à aller mieux, d’une manière tout à fait inattendue. Il ne me faut pas longtemps pour m’endormir de nouveau, à l’abri dans les bras de ce garçon qui semble prendre mon bien-être bien trop à coeur.

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 24 Septembre 2020 à 17:05

    hoooo j'adore :)
    merci pour ce merveilleux chap *__* 
    bonne écriture pour la suite ;) 

    et à la prochaine

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