• Chapitre 5

    Chapitre 5

    Je ne tiens plus en place, je regarde autour de moi, je m’assure que tout est bien rangé, bien à sa place. Il va bientôt arriver et rien qu’à cette idée, je sens un grand sourire prendre place sur mon visage. J’ai hâte de le voir, de le prendre dans mes bras et de l’embrasser. On sort ensemble depuis bientôt trois mois, sauf qu’on ne s’est pas retrouvé ensemble dans la même pièce depuis deux mois maintenant et il me manque terriblement. Seulement, on n’avait pas le choix, une quarantaine a été mise en place comme un peu partout dans le monde et on s’est retrouvés séparés. Heureusement, pendant ce laps de temps, on a pu énormément se contacter par appel vidéo, mais ce n’était pas suffisant, j’avais besoin de le sentir près de moi pour me sentir bien.

    La quarantaine a été assouplie il y a quelques jours, alors maintenant, on a le droit de se retrouver pour de vrai. Je tourne en rond dans mon appartement, regardant bien trop souvent les aiguilles de l’horloge qui semblent vouloir me narguer car elles n’avancent pas assez vite à mon goût. Je me demande si lui aussi est impatient comme moi, oui il doit l’être, hier il ne tenait pas en place à l’idée de me prendre dans ses bras. 

    Malheureusement, on ne sera pas juste tous les deux, il sera accompagné de son manager, car officiellement, il vient ici pour que l’on puisse parler travail. Pourtant je ne suis pas inquiet, je sais que même s’il est là, on n’aura pas à se cacher. La raison est assez simple, notre secret a volé en éclat le lendemain de l’anniversaire de Mew quand on s’est changé devant l’équipe pour un évènement. La nuit avait été intense et si, au début, nous avions fait attention à ne pas marquer notre peau, le lendemain au réveil, on s’est rendu compte que plusieurs suçons trônaient sur nos cous, nos torses et si nous pouvions inventer une histoire pour ça, les marques de griffure dans le dos de Mew étaient bien plus équivoques que tout le reste. 

    Heureusement, on a une équipe en or, une famille du tonnerre et des amis précieux, car alors que la nouvelle se répandait dans notre cercle privé, au lieu de l'annoncer à nos fans, ils ont gardé le secret et l’ont protégé, même si les taquineries allaient bon train de leur part. Je fais un bond quand la sonnette retentit dans l’appartement et je me précipite pour ouvrir. Mon sourire s'agrandit quand j’ouvre et qu’il est là, juste devant moi, malgré son masque je vois qu’il me sourit car ses yeux se plissent. J’oublie les règles de sécurité, j’oublie tout et ne veux qu’une chose, le sentir contre moi. Je passe mes bras autour de sa taille et je me love dans ses bras, la tête contre son épaule, le visage près de son cou, je prends une grande inspiration pour enfin retrouver cette fragrance propre à l’homme que j’aime et ça me fait soupirer de bien-être.

    Je l’entends rire, un peu troublé par ma réaction, mais je ne bouge pas et il finit par m’enlacer à son tour. “Tu m’as manqué Gulf.” Je souris de bien-être, je ferme les yeux et j’oublie le monde comme à chaque fois que je suis près de lui. Bien trop vite à mon goût pourtant, un petit raclement de gorge amusé se fait entendre derrière Mew.

    “Les garçons, je n’ai rien contre vos retrouvailles, mais si vous voulez que ça reste un secret, le pas de la porte n’est pas forcément le meilleur des endroits pour ça.” Je râle pour la forme, mais je relâche l’homme que j’aime et je me recule pour les laisser entrer, saluant le manager qui suit derrière Mew avant de refermer la porte. Mes invités se déchaussent, enlèvent leur masque et se lavent les mains et moi, je ne le quitte pas des yeux un seul instant.

    J’ai le coeur qui bat à cent à l’heure quand il se retourne enfin vers moi. Nos yeux se croisent, il fait quelques pas, ses mains se posent sur mon visage, ses pouces caressent mes joues et enfin, après deux mois, je sens ses douces lèvres se poser sur les miennes. C’est un baiser chaste, doux et je sais que comme moi, il se contient car on n’est pas tout seul dans la pièce. Je dois juste être patient, Phi Mew reste à la maison ce soir, dans quelques heures nous serons juste tous les deux et nous pourrons alors nous retrouver pour de vrai.

    “Allez on se met au boulot les gars, plus vite on aura commencé, plus vite vous aurez du temps pour vous.” 

    Mew soupire un peu en quittant mes lèvres, comme moi, il voudrait plus de temps pour que l’on puisse profiter de la présence de l’autre, mais on est avant tout professionnels. On rejoint la table de mon salon en se tenant la main et en se jetant de fréquents coups d’oeil. On s’assoit face à P’Bosser qui est déjà installé, un énorme tas de papier placé devant lui et je lève les yeux au ciel. On va en avoir pour des heures, enfin ça c’est ce que je me dis, mais Mew et moi on est pressés d’être seuls, alors on se montre très concentrés et performants, ainsi pendant l’heure qui suit on discute de tous les détails des prochaines semaines de travail, malgré tout, après tant de semaines à ne pas faire grand chose, ça fait un bien fou de bosser à nouveau.

    J’ai toujours aimé ces réunions et maintenant je les aime encore plus car tout le temps Mew m’a tenu la main, nos doigts entrelacés gentiment posés sur son genou. J’ai parfois du mal à garder ma concentration sur Bosser et les informations qu’il nous transmet quand son pouce caresse tendrement le dos de ma main.

    Je sens le rouge me monter aux joues quand soudain la discussion sérieuse est coupée par le bruit de mon ventre qui se met à grogner bruyamment. J’étais tellement excité par la venue de Phi Mew que j’ai été incapable de manger ce matin et l’heure du repas de midi est dépassée depuis un moment. Mew passe son bras autour de mes épaules avec son petit sourire en coin avant de se pencher vers moi, faisant fortement accélérer mon rythme cardiaque. “Tu as faim Nong.”

    “Hmm… je n’avais pas très faim ce matin.” Il est hors de question que j’avoue la vérité, surtout devant P’Bosser. Mew me lance un petit regard qui me dit qu’il a très bien compris la raison de mon manque d’appétit, car il sait très bien qu’il en faut beaucoup pour que je ne mange pas le matin.

    “Ok les gars on a bien avancé, plus vite que je ne le pensais. Faisons à manger et ensuite je partirai. Est-ce que vous voulez faire un live ? Vos fans seraient heureux de vous voir ensemble.” Bosser est vraiment un homme adorable, il est toujours aux petits soins pour nous et même s’il n’est pas mon manager, il s’assure toujours que je vais bien et ça me donne le sourire.

    L’idée de faire un live est plaisante, cela fait longtemps qu’on n’a pas été tous les deux ensemble pour échanger avec toutes ces personnes autour du monde et ça me manque quand même un peu. J’ai juste un peu peur que notre comportement l’un envers l’autre soit trop flagrant. Mon hésitation doit être visible sur mon visage car Mew me fait un petit sourire alors que sa main presse doucement mon épaule pour me rassurer. Je me détends, je suis sûr que tout va bien se passer, on est adulte, on sait se tenir quand même. Je hoche alors la tête pour montrer que je suis d’accord avec ça.

    Pendant que Bosser installe le matériel, Mew me prend la main et on se dirige vers la petite cuisine de mon appartement. “Mon coeur ?” La voix de Mew me caresse les oreilles, mais je m’empourpre furieusement, la dernière fois qu’il m’a appelé comme ça, on était en train de faire l’amour. S’il commence à faire ce genre de chose, pas sûr de survivre à un live devant des milliers de personnes. Je lève quand même les yeux vers lui et sans me laisser le temps de comprendre, il capture mes lèvres. “Ne t’inquiète pas, tout va très bien se passer.”

    Je prends une profonde inspiration pour m’aider à détendre la boule qui est en train de prendre forme dans mon estomac. Je l’embrasse une dernière fois à mon tour. “Je sais.” Oui je veux jouer le mec qui a confiance, même si l’on sait très bien tous les deux que là c’est pas forcément vrai. Aussitôt je me tourne vers mon frigo et je commence à sortir les ingrédients dont on aura besoin pour cuisiner.

    J’ai stressé pour rien, car à partir du moment où l’on commence à cuisiner tous les deux, on se retrouve comme pris dans une bulle où il n’y a que Mew et moi. On évolue dans la pièce comme si ça faisait des années que l’on préparait des repas ensemble, c’est agréable, fluide et surtout confortable. 

    Il me faut un moment pour remarquer que Bosser a lancé le live, ou alors il nous a prévenu, mais je n’ai pas fait attention. En tout cas à partir de ce moment-là, la journée passe à toute vitesse. Mew et moi, on discute de tout et rien, on rit beaucoup et surtout on se régale avec tout ce que l’on a préparé. En mangeant, on lit les commentaires laissés par les fans, j’ai toujours autant de mal à y croire, même quand je vois le nombre de personnes qui nous regardent, ou quand je lis les commentaires parfois dans des langues que je ne connais pas. 

    On répond à certaines questions, on rigole face à d’autres et on essaie de faire plaisir à toutes ces personnes qui nous offrent leur amour et leur soutien sans même nous connaitre réellement. 

    Certains commentaires ont tendance à me faire rougir, heureusement, ça ne se voit pas forcément à l’écran. Certains fans décryptent chacun de nos gestes, surtout ceux que l’on a envers l’autre pour trouver des preuves que nous sommes plus que des amis. Plusieurs fois, je retiens un petit sourire satisfait, si seulement ils savaient, d’ailleurs, je me demande si ce serait un mal qu’ils le sachent. On n’en a pas encore parlé, pour le moment on veut profiter de notre histoire juste pour nous.

    On reste en live pas loin de deux heures, avant de finalement dire au revoir à tout le monde et couper la vidéo. Je suis épuisé, ça faisait longtemps que l’on avait pas fait ça et je ne suis plus habitué. Bosser nous aide à ranger rapidement l’appartement et il nous fait un petit sourire en coin. “Mew, je viens te chercher demain, soyez sages, bonne nuit.” Et voilà que je rougis de nouveau à cause de son sous-entendu qui le fait bien rire quand il referme la porte sur nous.

    Enfin on est seul tous les deux, j’ai rêvé de cet instant depuis si longtemps que ça paraît irréel. Mew prend ma main et m’entraine dans le canapé. Il s’assoit et je viens aussitôt près de lui, il m’entoure aussitôt de ses bras et je pose ma tête contre son épaule en soupirant, satisfait, alors que je gigote pour essayer d’être encore plus proche de lui. “Je suis content que tu sois là, tu m’as manqué.” 

    Il se met alors à rire même si je peux voir à ses yeux brillants qu’il pense comme moi. “Mais on se voyait tous les jours.”

    Je lève les yeux au ciel et fais claquer ma langue, pas vraiment heureux qu’il me taquine de cette manière. Alors je me redresse pour lui faire face et le regarder droit dans les yeux en m’exclamant. “Mais c’était pas pareil que de pouvoir te toucher et t’embrasser.” Je comprends que j’ai sur-réagi et que c’est justement la réaction qu’il cherchait à provoquer chez moi. Je rougis et lui donne un petit coup d’épaule pour la forme avant de sourire tendrement. “Tu sais très bien ce que je veux dire.”

    Il me serre alors plus fort dans ses bras et dépose des dizaines de bisous légers dans mon cou me faisant agréablement frissonner. “Tu m’as terriblement manqué aussi. Plusieurs fois, j’ai failli sortir juste pour venir te voir.” Il me fait cette déclaration alors que son nez glisse lentement le long de mon cou me faisant frissonner.

    Mes yeux s’écarquillent quand j’entends ce qu’il vient de dire, il ne peut pas voir la surprise sur mon visage, jusqu’à ce que je baisse la tête pour croiser son regard. “Tu aurais pu avoir de gros problèmes si tu avais fait ça… mais… j’y ai pensé aussi.”

    On s’observe un instant en silence avant de finalement éclater de rire, alors qu’on a failli tout les deux braver la loi afin de pouvoir se retrouver ensemble. Mew se redresse brusquement avant de me faire basculer sur le canapé me surplombant totalement, j’avale difficilement ma salive alors que nos corps sont collés l’un à l’autre et que des images de nous dans une situation plus intime me viennent à l’esprit. Mew commence alors à parler, coupant sa phrase par de nombreux baisers. “J’ai une idée… si le confinement… vient à être remis en place… on doit faire en sorte… d’être confinés ensemble.”

    Est-ce que c’est inconscient de ma part de vouloir le retour du confinement, juste pour pouvoir passer mes journées et mes nuits en sa compagnie. L’idée est réellement tentante et en même temps elle me fait rougir, car je sais à quoi on occuperait principalement notre temps. D’ailleurs, les baisers de Mew sont beaucoup moins innocents, alors que l’on continue de discuter tout en se câlinant.

    Quelques temps plus tard, je suis allongé sur le côté dans mon lit en frémissant alors que Mew se tient derrière moi, nos corps vont de nouveaux être liés l’un à l’autre. Et rien que le sentir entrer en moi m'amène près de l’extase après tant de temps sans nous toucher. Son torse est collé à mon dos, sa main est posée sur mon ventre et je pousse un long gémissement quand il entame un premier mouvement de hanche lent et sensuel. Ma main est agrippée au drap serrant fortement le tissus entre mes doigts alors que l’autre est posée sur ses fesses pour l’empêcher de se retirer.

    Il me fait l’amour avec toujours autant de douceur, j’ai l’impression que mon corps est en train de fondre alors que coup de rein après après coup de rein, il fait monter le plaisir, me menant comme chaque fois vers un orgasme qui, je le sais, sera délicieux et destructeur en même temps. Ses lèvres se posent sur mon cou et je sens la chair de poule couvrir mon corps et puis comme souvent, il me chuchote quelque chose au creu de l’oreille. “Un jour, quand ce sera possible ici, je te demanderai en mariage Gulf. Je t’aime et je ne peux pas imaginer ma vie sans toi.”

    Je tourne la tête vers lui pour le regarder droit dans les yeux et je peux y lire combien il est sérieux, ce ne sont pas des paroles en l’air et je sens mon coeur s’envoler. Ses hanches continuent de bouger touchant chaque fois cette partie sensible en moi et j’ai du mal à réfléchir. Ses mots résonnent encore et encore dans ma tête et je me sens presque pleurer tant les émotions sont fortes, exacerbées par le plaisir qu’il me donne et il me faut un petit moment avant de réussir à lui répondre. “Je...anh… je ne peux pas imaginer ma vie sans toi non plus. Humm… Tu es à moi anh… co...comme je suis à toi.” J’ai du mal à parler, mon discours est haché, entrecoupé de gémissements de plus en plus forts. “Et ça…. hmmm…. depuis le premier jour…” J’ai à peine le temps de finir ma déclaration qu’il m’embrasse fougueusement à en perdre haleine. Il scelle ainsi cette promesse que l’on vient de se faire, notre avenir c’est ensemble qu’on le voit et j’ai hâte de voir de quoi il sera fait.

    L’orgasme qui nous fauche quelques instants plus tard est plus intense, plus fort et le monde disparaît autour de nous alors que l’on a du mal à reprendre nos respirations, coincés dans les méandres du plaisir. Il me serre dans ses bras puissants, m’ancrant à ses côtés où il n’y a que nous deux, juste lui et moi et ceci depuis le jour où nos regards se sont croisés lors des auditions. 

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 27 Septembre 2020 à 09:39

    merci pour ce chap plein d'émotion :)

    j'adore ta façon d'écrire!  tellement captivante, j'adore ça *__* 

    à la prochaine ;)

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