• Chapitre 26

    Chapitre 26

    "Pourquoi fronces-tu les sourcils ?" Je ris avant de lever la main pour pincer la joue de celui qui ne cessait de froncer les sourcils depuis que nous étions montés dans la voiture et jusqu'à ce que nous soyons sur le point d'en descendre, il continuait de les froncer.

    "Seulement des amis ?" Solo se retourna pour me demander avec son visage sérieux. Et je lui fis un signe de tête confiant. Quand il fut satisfait de ma réponse, il poussa un soupir, puis il hocha la tête en comprenant avant de se préparer à descendre de la voiture... mais ensuite il me prit le bras. 

    "Guitare ?”

    "Ces trois-là sont les fils du bienfaiteur de l'orphelinat où Phi a été élevé." Je frottai gentiment la main de Solo et je me dis que je devais lui expliquer plus clairement pour qu'il ne réfléchisse pas trop. "Leur noms sont JAKKAPAD, HONGTAE et PRAMUK... Quand nous étions enfants, P les appelait les 3KINGS." Je souris après avoir vu que le husky souriait.

    "Leur père venait souvent nous rendre visite pour faire des dons. Chaque fois qu'il venait, il emmenait les 3Kings avec lui. Et comme nous avons à peu près le même âge, nous sommes proches les uns des autres. P était l'aîné de l'orphelinat, mon âge était différent de celui des autres enfants. Après l'école, P s'empressait de rentrer chez lui pour s'occuper des plus jeunes, donc P n'avait pas beaucoup d'amis. Mais quand ils arrivaient, Ils emmenaient P pour jouer avec eux. On peut donc dire que nous sommes des amis d'enfance." 

    Solo fit un signe de tête puis serra doucement ma main. Il pensait probablement que je serais triste de parler de ces choses. Je lui fis un doux sourire avant de secouer la tête. Parce que je ne m'étais jamais senti inférieur ou quoi que ce soit d'autre. J'avais une famille chaleureuse. Par conséquent, grâce à cela, je pensais que ça allait, même si je n'avais pas d'amis. Et quand les 3Kings sont apparus, je peux dire que ma vie était plus heureuse que je ne le pensais.

    "Ils venaient jouer avec P pendant les vacances scolaires. Il me semble que leur père avait une maison dans ce quartier, alors il venait tout le temps. Mais c'était juste pour venir et se détendre. Quand la rentrée scolaire arrivait, ils ne revenaient plus, sauf s'il y avait de longues vacances..." Je souris un peu quand je pensai à mon enfance, me rappelant le courage que nous possédions autrefois et nous demandant ce que nous allions devenir quand nous serions grands.

    "Au début, c'était des enfants vraiment pénibles. Ils se comportaient mal jusqu'à ce que leur père les envoie régulièrement à Mae Yai pour leur apprendre certaines manières. Et P était toujours proche de Mae Yai aussi."

    Au début, ils m'ennuyaient beaucoup, mais ensuite je ne savais pas pourquoi notre relation avait changé de manière inattendue pour devenir ami.

    "Ça a été comme ça pendant environ trois ans. Et finalement, vers onze ou douze ans, ils sont arrivés à l'orphelinat en ayant l'air si triste. Ils n'avaient pas l'air joyeux comme d'habitude. Et puis ils ont dit que leur famille partait à l'étranger. Après cela, P ne les a plus jamais revus. Dès qu'ils sont partis, l'orphelinat a cessé ses activités..."

    "Guitare...ne fais pas cette tête." La personne qui me disait de ne pas faire un visage triste était en fait celui qui avait l'air triste. Mais étonnamment... un simple contact de sa main sur ma joue pouvait me faire oublier ma peine. 

    "So, ne sois pas comme ça." Je lui pris la main et lui offris un sourire. Mais je ne savais pas quel genre de sourire je faisais surtout parce qu'il ne pouvait pas s'empêcher de faire un visage désolé comme ça.  Alors je saisis sa main qui était sur ma joue et je la portai à ma bouche. "Si tu n'arrêtes pas de faire ça, P va te mordre."

    Ensuite, je mordis doucement le doigt du husky avant de lui faire un sourire. Je ne savais pas si je le faisais bien ou pas, car il ne souriait jamais comme ça. Mais le rire qui sortit de sa bouche devait être la réponse pour dire que c'était bien. 

    Peu importe ce qui se manifestait, que ce soit un sourire, qu'il se sente agacé ou autre, tant que le husky souriait, c'était suffisant.

    "Si tu veux mordre... alors tu dois le faire comme ça." Je n'eus pas à me poser de questions pendant très longtemps, car dès que le husky eut fini de parler, il tira immédiatement sur ma main et la mordit.

    "So !" Je criai sous le choc parce qu'il mordait pour de vrai. Et il avait mordu la partie la plus tendre de ma main. 

    "Est-ce que ça fait mal ?"

    "Ne demande pas !" Je fronçai un peu les sourcils en frottant l'endroit où il venait de me mordre. Il demandait comme s'il était inquiet mais me regardait comme s'il allait rire. "Chien fou !"

    "Si c'est comme ça, alors Guitare est la mère d'un chien." 

    "La mère d'un chien (1)?" Je répétai ses mots. Mais quand je compris ce que cela signifiait, je sentis la chaleur sur mon visage. "Descends de la voiture, c'est l'heure du rendez-vous."

    "Attends-moi na mère du chien."

    "So!"

    -------------------------------------------------

    Jakkapad avait demandé à ce que je vienne au restaurant près de sa maison. Au début, il m'avait dit qu'il viendrait me voir à l'université, mais ensuite Hongtae avait pris le téléphone et m'avait demandé de venir ici à la place parce que c'était plus pratique. Je n'avais rien demandé de plus parce que je pensais le faire quand je les rencontrerais. À ce moment-là, le husky qui était assis à côté de moi fronça encore les sourcils. Si je continuais la conversation, je me doutais que j'aurais des ennuis à cause de la morsure d'un chien fou.

    "Gui !" Un homme me faisait signe de la main depuis une table éloignée. Je fis un signe de tête puis j'entrai avec l'homme à côté de moi.

    À la table, il y avait deux hommes qui étaient assis. Ils avaient le même âge que Solo. La personne qui m'avait salué un instant plus tôt et qui me faisait un sourire joyeux devait être Pramuk. Quant à celui qui regardait Solo, ce devait être Hongtae. Ces deux frères étaient nés la même année, mais l'un au début de l'année (Hongtae) et l'autre à la fin de l'année (Pramuk). Et leurs visages étaient très semblables. En fait, avant, je ne pouvais pas dire qui était qui parmi ces 3Kings, ce qui était fou. Seul Jakkapad, qui avait le même âge que moi, semblait un peu plus âgé que ces deux amis, donc il était un peu plus facile de le reconnaître parmi les deux autres.

    Je me demandais toujours, lorsque qu'ils étaient à l'étranger, vivaient-ils confortablement ? Maintenant ils étaient passés de petits garçons qui me taquinaient et me suivaient toujours de près derrière moi, à des hommes plus grands.

    "Sawadee Krap." Dis-je en m'asseyant de l'autre côté. Le husky s'assit aussi sans rien dire. "Vous êtes arrivés depuis longtemps ?"

    "Pas si longtemps que ça." Dit Pramuk, puis il haussa les épaules. Mais d'après son geste, cela devait être le contraire de ce qu'il venait de dire.

    "Je suis désolé, Je dois conduire de loin. Je n'ai pas oublié ça, Pramuk." J'inventai une excuse parce qu'en fait, nous étions en retard à cause d'une discussion avec le husky sur le parking.

    "Et pour Jakkapad ?"

    "Attendons un peu, il va venir."

    "Ah..."

    "Alors c'est..." Hongtae qui n'avait pas dit un mot depuis le début, plissait maintenant les yeux et posa une question en faisant référence à Solo. Et la personne assise à côté de moi, se contenta de regarder Hongtae sans donner aucune réponse.

    "C'est..."

    "Gui." Une voix familière venant de derrière m'interrompit. La voix semblait si basse, contrairement à celle que j'avais entendue au téléphone. Il semblait que...

    Jakkapad, qui était assis sur un fauteuil roulant, me regardait. Les deux autres frères qui avaient le même visage semblaient maintenant pâles. Une autre chose qui distinguait Jakkapad, c'était que son aura... avant il était un enfant lumineux, mais maintenant... il avait beaucoup changé.

    "Jakkapad ?" Je l'appelai d'une voix basse qui sonnait comme de la surprise et de l'incertitude.

    "Oui." Il hocha un peu la tête en guise de réponse avant de pousser son fauteuil roulant vers la table. "Mes jambes ont un problème, n'y fais pas attention."

    Je lui fis un signe de tête et je ne demandai rien de plus. Il l'avait dit comme ça, donc c'était sûr qu'il ne voulait pas en parler. C'était probablement pour cette raison que les deux frères m'avaient demandé de venir à cet endroit, près de la maison de Jakkapad.

    "Alors, c'est ? ...." Jakkapad regarda la personne qui était assise à côté de moi.

    "C'est Solo." Je le présentai au lieu qu'il se présente lui-même. "C'est... mon amoureux." 

    "Amoureux ???!" Les yeux de Pramuk s'élargirent et le husky me regarda avec des yeux qui semblaient étonnés et n'étaient pas différents de ceux de Hongtae. Il n'y eut que Jakkapad qui hocha la tête en silence, car il avait compris. 

    Etait-ce gênant ? Eh bien, c'était un peu gênant. Je n'étais pas le genre de personne à rester assis et à rougir ou à m'exprimer facilement. J'allais toujours me sentir faible à chaque fois que le husky assis à côté de moi montrerait franchement ses sentiments… cela ne me dérangeait pas, mais en même temps, je n’y étais pas encore habitué.

    Je me sentis un peu surpris lorsque celui qui était assis à côté de moi me prit la main sous la table. Quand je le regardai, je vis que le husky me regardait avec un petit sourire.

    Je devins muet et ne voulais pas retirer ma main... 

    "Quand êtes-vous revenus ?" J'essayai de changer de sujet en retournant ma main vers le haut pour retenir la main de l'autre homme. Grâce au husky qui ne disait et ne faisait plus rien, je réussis à me contrôler. Pramuk voulait toujours parler du même sujet, mais quand il vit les yeux de son frère aîné, il se tut.

    "On est revenu depuis plusieurs mois déjà, car on continue nos études ici. Mais P'Jak est revenu ici la semaine dernière..." Répondit Hongtae. Je ne savais pas pourquoi je trouvais la fin de ses phrases triste et étrange.

    "Comment avez-vous eu mon numéro ?"

    "La directrice (2)..."

    "J'ai des gens pour le découvrir na." Interrompit Jakkapad "Donc, quand j'ai pu te contacter, j’ai voulu qu'on se rencontre. Nous ne nous sommes pas revus depuis longtemps déjà de toute façon."

    "Et combien de temps restez-vous cette fois-ci ?"

    "Muk et moi allons rester ici assez longtemps. Quant à P'Jak...." Hongtae regarda son frère aîné comme s'il n'était pas sûr.

    "Toujours pas sûr." Répondit Jakkapad. "Mais avec ma condition actuelle, je ne peux pas retourner au travail." 

    "P'Jak... " Pramuk l'appela doucement. Jakkapad poussa un soupir avant de caresser la tête de son petit frère. Puis Pramuk redevint joyeux comme avant.

    Même si nous étions auparavant très proches, nous ne nous étions pas revus depuis longtemps. Il semblait qu'il ait beaucoup changé, comme s'il n'était plus la même personne qu'avant. Et je sentais que la proximité que nous avions auparavant ne suffisait pas à interférer avec ses affaires personnelles, donc je pensais qu'il valait mieux ne pas lui demander ce qui s'était passé.

    "Est-ce que Gui a déjà contacté la directrice ou pas ?"

    "Je n'ai pas pu la voir, depuis que je suis entré à l'université." Je regardai Jakkapad avec surprise quand je le vis profondément soupirer. Alors que les deux autres qui étaient assis à côté de lui se regardaient sans rien dire.

    Et ces gestes me firent me sentir... mal à l'aise et effrayé.

    "Est-ce qu'il y a quelque chose ?"

    "Rien...Gui va aller lui rendre visite ?"

    "J'ai prévu d'aller la voir à l'occasion des vacances du nouvel an."

    "Quand ?

    "Dans environ trois semaines..."

    " Bien...finis tes examens d'abord, puis rends-lui visite rapidement."

    "Jakkapad... il s'est passé quelque chose ? Ou y a-t-il un problème avec Mae Yai ?" Je demandai sérieusement et essayai de contrôler ma voix pour qu'elle ne soit pas tremblante. J'avais l'impression qu'ils savaient qu'il s'était passé quelque chose... et cela me mettait mal à l'aise.

    "Gui..."

    Je me tournai pour regarder Hongtae quand je n'eus aucune réponse de Jakkapad. Mais à part le fait qu'ils évitaient mon regard, personne ne dit rien.

    J'avais l'impression que mon corps était aussi froid que de la glace. L'inquiétude était le sentiment le plus évident que je puisse ressentir en ce moment.

    Qu'était-il arrivé à Mae Yai ?...

    "Pourquoi ne me répondez-vous pas ? Y a-t-il un problème avec Mae Yai ?" Inconsciemment, j'élevai la voix comme quelqu'un qui aurait perdu l'esprit. Je regardai Jakkapad qui me fixait en silence. 

    "Il n'y a rien de mal avec la directrice..." La réponse de Jakkapad ne me fit pas me sentir mieux.

    "S'il n'y a rien de mal, alors pourquoi faites-vous cette tête ?" Je levai ma main pour me frotter le visage. J'essayais de contrôler mes émotions, mais au lieu de ça, c'était devenu pire. Plus j'essayais de les repousser, plus elles voulaient exploser.

    "Gui..."

    "Qu'est-ce qui se passe ?"

    "..."

    "Dis-moi." Je le suppliai quand je sentis une douleur dans ma poitrine.

    Je n'y avais pas pensé avant... ils venaient de me répondre.

    Peut-être que Mae Yai n'était pas bien.

    "Je dirais qu'il vaut mieux que Gui termine d'abord ses examens." dit Pramuk d'une voix douce. Il me regarda comme s'il voulait que je comprenne. Mais non, pas du tout... Je ne comprenais pas, pas même un peu. Pourquoi ne me disaient-ils pas tout simplement ce qui était arrivé à Mae Yai ? Pourquoi me le cacher ?

    "Dites-moi tout, s'il vous plaît. Sinon, je n'aurai pas le coeur à étudier." J'essayai de sourire, mais je trouvais que c'était trop sec et pas sincère. Beaucoup d'émotions me frappaient la poitrine jusqu'à ce que je me sente blessé.

    "Gui..."

    "Dites-moi..."

    "..."

    Pang!

    "Dites-moi !!!" Je frappai sur la table avec force. Je me fichais de savoir qui allait nous regarder. Les émotions qui s'étaient accumulées à l'intérieur s'exprimaient sous forme de colère. J'avais l'impression de ne pas pouvoir me contrôler. J'avais envie d'étrangler leur cou et de leur demander ce qu'ils savaient. 

    Pourquoi ils ne me le disaient pas, juste me dire qu'elle ne se sentait pas bien... me dire qu'elle était fatiguée. Ce n'est pas facile ? Quoi que ce soit, dites-le-moi...

    "Guitare..."

    Tout s'arrêta quand j'entendis cette douce voix. Je me tournai pour regarder sur le côté. Je vis celui qui me fixait dans les yeux. Nos mains qui étaient serrées l'une contre l'autre me firent prendre conscience de la façon dont je tenais sa main. La chaleur de sa paume me disait que je n'étais pas seul.

    "So..." Je ne savais pas pourquoi ma voix tremblait. Solo leva son autre main puis il toucha mon visage sans rien dire. L'inquiétude était présente sur son visage, une autre chose que je pouvais voir clairement, était qu'il essayait de me transmettre quelque chose sans utiliser de mots, c'était que...

    Je suis là.

    Je fermai les yeux et je pris une grande respiration pour retrouver mes esprits. Quand je rouvris les yeux, l'ambiance qui régnait auparavant avait complètement disparu. Je secouai ma main et tins légèrement celle de l'autre homme avant de lui faire un sourire en guise de remerciement.

    "Dis-moi... je vais bien." Je me tournai pour regarder Jakkapad et parler normalement. Je lui fit un sourire pour m'excuser d'avoir perdu mes bonnes manières juste avant. Puis il me fit un signe de tête et se tourna pour regarder Hongtae.

    "P'Jak ne sait pas grand chose à ce sujet... Seuls Muk et moi le savons." Hongtae regarda mon visage puis continua. "Il y a une semaine, Muk et moi sommes retournés à l'orphelinat. Nous ne savions pas qu'il était désormais fermé. Pendant que nous faisions quelque chose, on s'est soudain souvenu qu'une fois on était allé dans la maison du professeur dans ce quartier."

    L'enseignant que Hongtae venait de mentionner était une enseignante qui avait travaillée à l'orphelinat auparavant. L'enseignante m'avait emmené faire une promenade, puis elle m'avait montré une des maisons en disant que c'était la sienne. Nous allions souvent jouer dans la maison de l'enseignante avant.

    "Alors nous sommes allés chez la professeur. Elle a dit que la directrice était devenue une enseignante bénévole sur la colline depuis longtemps déjà. Quant à Gui, elle nous a dit que tu étudiais à l'université. Nous ne savions pas comment contacter Gui. Après, nous sommes allés trouver la directrice d'après ce que la professeur nous avait dit. Mais les gens sur la colline ont indiqué que la directrice avait été hospitalisée à l'hôpital de la ville. Le dimanche avant notre arrivée, elle s'est évanouie et les villageois ont dû l'emmener à l'hôpital..."

    "Guitare..." Solo me serra doucement la main. J'avais l'impression d'avoir perdu toutes mes forces, mais j'essayais toujours de me forcer à sourire. 

    "Il n'y a rien de mal chez la directrice, à part sa maladie congénitale qui existait déjà. Mais tu sais... la directrice est déjà vieille..." Hongtae s'arrêta de parler et j'eus l'impression que mon coeur s'était arrêté de battre alors que je comprenais ce qu'il essayait de dire même s'il ne l'avait pas dit.

    "Mais elle peut toujours parler avec nous na ! Elle était juste incapable d'écrire une lettre alors elle nous a donné le numéro de Gui. Elle nous a dit de contacter et de rencontrer Gui. Elle voulait que Gui la retrouve après ses examens mais elle nous a interdit de lui dire qu'il lui est arrivé quelque chose. Elle ne voulait pas que Gui réfléchisse trop."

    Je souris en entendant ce qu'il dit. Mae Yai était toujours une personne douce qui s'inquiétait toujours pour moi...

    "Elle a dit que si Gui ne pouvait pas venir, ce n'était pas grave. Mais elle a aussi dit que si Gui n'avait toujours pas passé ses examens, la porte serait fermée à clé et elle ne te permettrait pas de la rencontrer."

    Je ris doucement en imaginant que Mae Yai parlait comme ça... Elle me manquait tellement.

    "Elle a dit qu'elle n'irait nulle part tant que tu ne pourrais pas la retrouver."

    Pramuk me fit un sourire, tout comme les deux autres qui lui ressemblaient en ajoutant plus de confiance.

    "Merci."

    Merci de me l'avoir dit.

    Merci que Mae Yai ne m'ait pas encore quitté. 

    Merci de vouloir toujours me revoir...

    -----------------

    "Je me dépêcherai de venir."

    Je détournai les yeux de la fenêtre où je regardais l'extérieur, puis je me retournai pour regarder le propriétaire de la voix avec surprise. Solo s'assit à côté de moi puis me fit un sourire.

    "Une fois mes examens terminés... je me dépêcherai de venir." Il posa sa main sur mon épaule puis il me poussa doucement pour que je m'allonge sur ses genoux. 

    "So ?" Je levai les yeux mais je ne m'éloignai pas de lui. Cela me semblait juste étrange, car c'était la première fois que je m'allongeais sur les genoux de quelqu'un comme ça.

    "J'aime m'allonger sur Guitare..." Dit Solo en souriant. Mais ensuite, il fronça les sourcils et dit. "J'aime vraiment tout ce qui a à voir avec Guitare."

    Je ris dès qu'il finit de parler. Et la personne qui venait de parler rit aussi. Étonnamment, quelques mots de sa part suffisait à faire disparaître le sentiment de mélancolie qui couvrait tout mon cœur. Après le rire, le silence revint. Cette fois, je réfléchissais moins que d'habitude. C'était à cause du léger toucher de la main qui me caressait la tête. Cela me donnait une sensation de chaleur dans l'esprit. "Chaque fois que je m'allonge sur Guitare... je me sens tellement bien."

    Comme maintenant....

    "Je me sens si heureux et si bien."

    Pareil... Je me sentais à la fois heureux et bien aussi.

    "Je veux que Guitare se sente comme ça... Je suis désolé de m'être mal conduit. Même si Guitare est plus âgé." Bien qu'il ait dit ça comme ça, je ne voyais pas de culpabilité sur son visage, mais ça allait.

    "P ne déteste pas ça."

    À cause de ça, ne t'arrête pas na...

    "Guitare... quel âge a Mae Yai ?" Il me demanda mais il semblait ne pas savoir s'il devait demander ou non.  Je comprenais qu'il voulait savoir, alors je souris et je lui dis que c'était bon.

    "Quatre-vingts ans." Quand j'étais à l'orphelinat, Mae Yai avait déjà une soixantaine d'années. Elle disait que l'orphelinat était ce que son père lui avait laissé. C'était un endroit chaleureux... et je me sentais vraiment bien. "Depuis que P est enfant, Mae Yai tombe très souvent malade. La professeur avait dit que quand une personne était âgée, c'était toujours comme ça."

    Juste qu'elle n'était jamais tombée malade avant d'avoir dû aller à l'hôpital...

    "Guitare..."

    "C'est bon." Je levai ma main pour toucher la joue de la personne qui baissais la tête pour me regarder tendrement. Son regard sérieux et sa voix m'avaient beaucoup aidé à soulager les lourds sentiments dans ma poitrine. "P va bien."

    J'allais bien maintenant...

    "Cela se passera sans problème." 

    Je souris sans rien dire. Et je croyais que Solo n'était pas différent de moi en sachant que pour cette affaire...

    Le mot "se passer sans problème"... n'existait pas.

    "Je serai à côté de Guitare." Ses mots forts étaient venus avec la chaleur de ses mains qu'il avait placées sur mes joues. C'était une chaleur qui ne venait pas seulement de sa main... mais du plus profond de son coeur. 

    "Merci."

    "Guitare est mon bonheur." 

    "So..."

    "Quand Guitare est heureux, je suis heureux aussi. Mais quand Guitare souffre, je souffre aussi." 

    Sa main tremblante tenait ma main qui était attachée à sa joue. Je le regardai avec des yeux qui étaient habituellement froids, mais qui étaient maintenant pleins de douleur jusqu'à ce qu'il me fasse mal.

    "Ne fais pas ce genre de tête..."

    "Alors Guitare sourit un peu na... souris-moi avec un sourire heureux, pas avec un sourire triste." Solo inclina sa tête en collant sa joue à ma main. J regardai ses yeux qui me suppliaient. "S'il te plaît, ne sois pas comme ça..."

    "..."

    "Mon coeur me fait si mal."

    Je me levai de sur ses genoux pour m'asseoir, puis je me précipitai pour le serrer dans mes bras. Je plaçai ma joue contre sa poitrine chaude et j'écoutai le rythme des battements de son cœur. Une main chaude qui me mit à l'aise caressa ma tête pour me réconforter.

    Je ne pleurai pas, même si cela me faisait très mal. Je ne dis rien, même si je me sentais triste, au-delà de tout ce que les mots pouvaient décrire. Pas parce que c'était normal. Et pas non plus parce que je pensais qu'à ce qui allait arriver. Mais parce que la personne qui me serrait dans ses bras était la réponse à tout.

    Grâce à cette personne, je voulais être fort. Je ne voulais pas qu'il soit triste, et je ne voulais pas non plus qu'il se sente désolé.

    Je m'éloignai de son étreinte, je soulevai les deux mains de Solo puis je les posai sur mes joues avant de révéler un sourire qui exprimait tous les sentiments que j'avais.

    "Si So est là... P ira bien."

    Seulement So... 

    1/ Mère du chien : Ce terme veut dire sa femme. Ce n’est pas un mauvais terme, car quand Solo appelle Gui comme ça, il veut dire qu’il les voit comme un couple marié.

    2/ La directrice fait ici référence à Mae Yai

    Note : Les 3Kings sont des personnages ayant leur propre roman, un pour chaque frère.

     

    Chapitre 26


  • Commentaires

    3
    Dimanche 8 Novembre 2020 à 17:05

    Bonjour, contente que le récit soit toujours suivi, je m’étais arrêté dans les 1er chapitre, merci de toujours prendre en compte la traduction, je suit la série mais je préfère lire le roman étant une lectrice addict

      • Dimanche 8 Novembre 2020 à 18:40

        Coucou,

        Oui je la continue toujours, lentement mais surement, j'aime aussi la série, les acteurs vivent vraiment leur personnages et tout plein de douceur.

        Le chapitre 27 arrive mercredi, s'il n'y a pas de problème.

    2
    Mercredi 28 Octobre 2020 à 18:31

    ha bah ça va elle est vivante, dans le dernier chap j'avais l'impression qu'au moment ou gui aurait été la voir il aurait découvert qu'elle était morte, faut dire que comme ils ont eu si peu de correspondance, ça aurait pu être le cas..... mais c'est pas le cas :)
    merci pour ce nouveau chap, bonne traduction pour la suite ;) 

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