• Chapitre 2 : Soulmate

    Chapitre 2 : Soulmate

    Je m’étire lentement dans mon lit avant de soupirer en regardant la pièce où je me trouve. En soi, j’ai beaucoup de chance d’être là, à l’abri de la météo, des Alphas et de tout danger que je pourrais croiser. Seulement, ici, ce n’est pas ma chambre, ce n’est pas ma maison et même si j’aime particulièrement Sammy et New depuis qu’ils m’ont recueillis il y a cinq mois, chaque matin mon cœur se serre à l’idée que jamais plus je ne pourrai revoir ceux que j’aime.

    Je reste allongé un moment sur le dos, repensant à combien ma vie a changé en six mois, j’ai couché avec l’homme qu’aimait mon meilleur ami, j’ai fui avant de errer pendant un mois sur les routes, travaillant par-ci par là pour payer ma nourriture et une chambre d'hôtel. Puis un jour, j’ai poussé la porte d’un bar, à la périphérie d’une petite ville, il était tenu par un couple de Bêta. New était le propriétaire, il était grand, un peu bourru et revêche, mais il était surtout très doux et gentil et quand j’ai fini en larmes en train de lui raconter mon histoire, il m’a offert le gîte et le couvert pendant quelques jours.

    Sammy est une jeune femme extraordinaire, elle se préoccupe du sort de chacun et a tout fait pour que je me sente chez moi. C’est elle qui a fait que les quelques jours se sont transformés en plusieurs mois, quand on a appris, trois jours après mon arrivée, que ma nuit avec Prom n’avait pas eu que pour conséquence de me faire fuir.

    Moi qui veux l’oublier et tourner la page, j’ai maintenant un petit être qui grandit tranquillement dans mon ventre, dans quelques mois je mettrai au monde notre fils ou notre fille et rien qu’à cette idée mon coeur se met à tambouriner dans ma poitrine et mon loup essaye une fois de plus d’aller le retrouver.

    Seulement, j’ai retrouvé mon caractère, celui qui m’a fait défaut ce jour-là dans les bois et malgré les nombreuses tentations, je suis bien décidé à ne pas bouger. J’ai pris une décision et je vais m’y tenir. 

    New et Sammy sont devenus ma meute, juste eux deux et la petite chambre est devenue ma tanière, mon refuge. Je grimace soudain avant de porter une main à mes côtés. Le bébé est agité, il se retourne souvent et je me demande de temps en temps si son loup ne prend pas régulièrement le dessus. Je caresse doucement mon ventre tendu, essayant de l’apaiser de mes caresses. “Doucement bébé, tu vas finir par me casser une côte si tu continues comme ça.” C’était étrange de lui parler au début, mais plus mon ventre grossit et plus j’arrive à l’imaginer et à interagir avec lui.

    Il se calme enfin et je décide que c’est le moment de me lever. Il est encore tôt, alors je prends mon temps pour m’habiller, me glissant dans ces habits que Sammy m’a trouvé et dans lesquels je me sens à l’aise. “Allez bébé, encore une bonne journée qui commence, je suis sûr qu’on va avoir beaucoup de travail aujourd’hui.” Lui parler m’apaise vraiment, alors c’est devenu une habitude et même les clients n’y font plus attention.

    Je soupire quand je rentre dans le bar. Il n’est pas encore ouvert pour le moment, il ne le sera que dans quelques heures, mais il y a plein de choses à préparer. Je me stoppe totalement en observant la salle, bouche bée. Ce soir, c’est le réveillon, et depuis deux jours Sammy a décidé qu’il fallait marquer le coup et décorer le bar comme dans les pays où l’on fête Noël. On peut dire qu’elle s’est donnée du mal. Un grand sapin fait face à l’entrée, il est multicolore, à l’image de la jeune femme, et croule sous les décorations. Elle a aussi fait en sorte qu’il y ait des éléments sur chaque table et le clou final est le bar, une longue guirlande est accrochée au bois, alors qu’une immense banderole est accrochée juste au-dessus. Et que dire des anges suspendus dans les toilettes. Sammy est vraiment unique et je suis heureux qu’elle fasse partie de ma vie.

    Je m’assois à une table pour le moment vide où une bougie au centre est prête à être allumée et je me retrouve une nouvelle fois à penser à Prom. Mon loup s’agite, comme à chaque fois que je pense à son nom, il frétille et tente de m’imposer sa volonté, courir me cacher dans ses bras chaleureux. Je frissonne et pose instinctivement ma main sur mon ventre, l’arrondi me rassure. Je pensais vraiment que le temps me ferait oublier cet homme, qu’il ne deviendrait qu’un souvenir doux et tendre que je chérirais pour le reste de ma vie. Seulement, plus le temps passe et plus il est vivace dans mon esprit et chaque fois que je sens son odeur encore légèrement présente sur son manteau, je sens mon cœur qui s’emballe. Chaque nuit, je rêve de lui, j’entends sa voix qui m’appelle désespérément.

    “Benz, je t’ai déjà dit de te reposer.” Je sursaute avant de me retourner pour faire face à New qui me fait un grand sourire alors qu’il finit de descendre les escaliers qui mènent à leur appartement au-dessus du bar. Au début, il m’a fait travailler en tant que serveur, je ne voulais pas rester à profiter d’eux, je voulais travailler en échange de ce qu’ils m’offraient. Seulement, quand mon ventre est devenu plus proéminent, ils ont considéré que naviguer toute la soirée dans la salle en portant un plateau n’était pas adapté pour moi, alors il m’ont trouvé une nouvelle place.

    New m’apprend les ficelles du métier de barman, il est pédagogue et avec lui j’ai appris à préparer de nombreuses boissons, mais on ne va pas se mentir, avec New derrière le bar, je passe plus de temps assis sur un tabouret à discuter avec les clients qu’à faire quoi que ce soit. Je pense que Sammy fait pression sur New pour que je me repose le plus possible. “C’est une soirée importante pour vous, il va y avoir du monde, alors je veux t’aider à tout préparer.” 

    New éclate de rire avant de me frotter les cheveux sans même y penser. C’est un geste qu’il a envers ses proches et ça me fait toujours plaisir qu’il ne me voit pas comme un simple pique-assiette. Il me considère comme un ami ou un membre de sa famille. “Tu veux vraiment que Sammy me tue parce que je t’aurai fait trop travailler.”

    “Je ne suis pas en sucre pourtant, je ne suis pas vraiment fatigué.” Je souris en coin avant de délicatement passer ma main sur l’arrondi de mon ventre. C’est vrai, je fanfaronne un peu, je fatigue rapidement et j’ai souvent le ventre qui tire, mais je ne veux pas rester à ne rien faire de mes journées. Je dois absolument m’occuper sinon,.... je pense à lui, au fait que c’est son bébé que je porte et qu’à chaque fois que j’y pense, une délicieuse sensation de chaleur se diffuse en moi. 

    “Tu devrais vraiment lui dire, tu sais ?” La voix de New me sort une nouvelle fois de mes pensées et l’instant de bonheur que je ressentais passe brutalement.

    Je sens mon corps se crisper alors qu’une fois de plus, il remet cette conversation sur le tapis. Ce n’est pas la première fois qu’il tente de me faire prendre cette décision. On en a beaucoup discuté et même s’ils acceptent mon choix, régulièrement, ils tentent de me convaincre de contacter Prom pour lui annoncer ma grossesse. “Tu sais très bien que je ne peux pas.”

    Il soupire doucement, je l’ignore complètement, préférant fixer mes doigts alors que le silence s’éternise entre nous. J’espère qu’il en a fini avec ça pour aujourd’hui. Je suis surpris quand une tasse de chocolat chaud se pose juste devant moi et lève les yeux pour croiser ceux très sérieux de mon ami. “Je sais que si Sammy était enceinte, j’aimerais le savoir, même si elle était à l’autre bout du pays.”

    “Il doit être heureux avec Third et… je ne veux pas qu’il se sente obligé de quoi que ce soit envers moi parce que je porte un bébé. Et puis… Si j'appelle, je sais qu’ils feront tout pour me faire rentrer.” Je sais que je suis bien trop têtu, car si je suis honnête avec moi-même, je sais que tout mon corps me hurle de prendre un billet de bus, de faire le trajet sans m’arrêter pour retrouver les miens et surtout lui. En fait, je sais très bien pourquoi je ne le fais pas, ce n’est pas une question de fierté ou autre. Je prends la tasse entre mes mains tremblantes et je souffle doucement sur le contenu brûlant avant d’en boire une petite gorgée. 

    J’ai peur, j’ai peur de voir Prom et Third heureux ensemble. Rien qu’à cette idée, je sens mon cœur se serrer à m’en faire mal et ma main vient se poser contre mon muscle palpitant. “Benz, tu te mens à toi-même et j’ai dans l’idée que cet Alpha ne sort pas avec ton meilleur ami. Quant à lui, si tu es aussi important que ça pour lui, il ne t’en voudra pas pour ce qui s’est passé.”

    J’entends ce qu’il me dit, je le comprends et dans le fond je suis d’accord avec lui, mais c’est trop dur d'imaginer ce que je pourrais ressentir si jamais il a tort. Je serre la tasse brûlante entre mes mains, gardant le regard fixé dessus. “Je ne me sens pas prêt à leur faire face.”

    Il ne fait plus aucun commentaire, il en parle régulièrement, mais il n’insiste jamais quand on en arrive à ce point de la conversation. Il ne veut pas me braquer et perdre toutes les chances de communiquer avec moi. Cet homme fera un très bon papa quand le moment sera venu, j’en suis certain, car parfois j’ai l’impression qu’il se comporte comme un père pour moi.

    Il quitte sa chaise et m'ébouriffe les cheveux au passage avant d’aller se mettre au travail. Il entreprend de nettoyer ce qui n’a pas été fini hier soir, ensuite il commencera à couper les fruits et les légumes qu’il propose tous les soirs en plus de quelques petits fruits secs pour manger en même temps que les boissons.

    Je reste immobile, plongé dans mes pensées, j’ai les yeux dans le vague alors que ses paroles me font imaginer mon retour auprès des miens. J’ai un petit sourire au coin des lèvres en m’imaginant retrouver ma mère et la serrer dans mes bras, elle me manque tellement. Je sursaute un peu quand je sens le bébé me donner un coup dans les côtes, je caresse doucement mon ventre dans le but de l’apaiser, me demandant si je vais bientôt serrer ma petite fille ou mon petit garçon dans mes bras. J’ai refusé de savoir, mais fille ou garçon, je serai tout aussi heureux.

    Je prends un peu de temps pour finir mon chocolat chaud avant de me lever en m’étirant lentement, les mains au creux de mes reins pour tenter de délasser mon dos douloureux, je me surprends à rêver d’un massage de plus en plus fréquemment. “Benz, tu peux m’aider à emballer ces petits cadeaux ?” Sammy vient de descendre de son appartement avec un carton rempli de petites boîtes de chocolats qu’elle a commandées il y a quelques jours. Les boîtes sont au nom du bar et elle compte les offrir aux clients ce soir.

    “Pourquoi est-ce que tu leur fais des cadeaux exactement ?” Elle a déjà essayé de m’expliquer ce que signifie Noël mais dans ma meute, on ne connaît absolument pas ce principe. Je me rassois alors sur la chaise que je viens de quitter et je mets une petite boîte dans un sachet coloré que je referme à l’aide d’un nœud scintillant collant.

    "Noël est une grande fête pour les pays occidentaux. Il est de coutume pour eux de s’offrir des cadeaux, de faire plaisir aux gens qu’ils aiment et généralement juste avant, ils font un grand repas en famille. Alors, comme j’ai décidé cette année de me mettre dans le thème, je vais offrir à chaque client un petit cadeau pour leur montrer combien on aime quand ils viennent dépenser de l’argent chez nous, en espérant qu’ils viennent encore plus souvent l’année prochaine.”

    Sammy est redoutable dans les affaires. Depuis cinq mois que je suis là, elle a déjà fait plusieurs choses dans ce genre pour fidéliser la clientèle et de ce que j’ai pu voir, ça marche plutôt bien. J’ai un petit sourire tout en continuant d’exécuter la tâche qu’elle m’a confiée. “Et toi Benz, tu voudrais quoi comme cadeau ?” PROM, c’est ce que mon cerveau hurle aussitôt la question posée, sans réfléchir plus. Je ferme un instant les yeux pour maîtriser le flot d’émotions avant de tout simplement hausser les épaules.

     

    La soirée bat son plein, la salle est bondée et ne semble pas vouloir se désemplir. New est complètement débordé alors je l’aide un minimum en servant les boissons les plus simples. Ouvrir une bouteille de bière n’est pas trop compliqué et ne me demande pas beaucoup d'efforts. L’ambiance dans la salle est plutôt détendue malgré le fait qu’il y a de nombreux Alphas. New, malgré son statut de Bêta, a réussi à s'imposer et il n’y a jamais de problèmes dans le bar.

    Même si, à cet instant, je suis très entouré, je me sens également très seul. Je suis loin des miens, loin de ceux que j’aime et jamais en six mois je n’ai autant regretté mon départ. “Benz ?” Je me fige quand une voix s’élève derrière moi, je suis en train de verser un jus de fruit pour un jeune Oméga, mais j’en renverse la moitié à côté quand je comprends à qui elle appartient. Même si je ne l’ai entendu qu’une nuit, je serais bien incapable de l’oublier.

    Je repose le verre que je tiens dans la main en tremblant, je suis incapable de me retourner tout de suite, tout mon corps s’est crispé, je peux sentir tous mes muscles tendus. Je me tiens au comptoir car j’ai peur de tomber tant mes jambes se sont ramollies. Je prends une profonde inspiration pour tenter de me contrôler. Comment m’a-t-il retrouvé ? Pourquoi m’a-t-il cherché ? Je ferme les yeux une petite seconde pour rassembler toute la force nécessaire puis je les rouvre tout en me tournant lentement pour faire face à l’homme que j’ai fui six mois plus tôt. “Prom…” Ma voix n’est qu’un murmure alors que nos yeux se croisent et que je sens mes yeux s'humidifier.

    Soudain, tout est silencieux autour de nous, car c’est comme s’il n’y avait plus que nous au monde. J’ai l’impression que tout autour, ce qui se trouve autour de lui est flou, il n’y a que lui qui est net. Mon cœur déborde quand il se rend compte que je ne rêve pas, il est bien là devant moi. Je voudrais aller le rejoindre, j’en meurs d’envie, me perdre dans ses bras, sentir sa chaleur et son odeur m’entourer et m’apaiser, être un bouclier qui me donnerait l’impression d’être en sécurité.

    Pourtant, je reste paralysé sur place, car lentement son regard glisse sur mon corps pour se poser sur mon ventre proéminent. Je ne peux plus le cacher même avec des vêtements larges. Quand un sourire illumine son visage, quand il comprend que je suis enceint de lui, le soulagement me fait expirer tout l’air que je n’avais pas conscience de retenir. Cela me fait aussi retrouver ma capacité à bouger, je n’attends plus et sans le quitter des yeux je me dirige en même temps que lui vers la trappe qui permet de quitter l’arrière du bar. 

    J’ignore complètement les appels de New qui ne comprend pas ce qui me prend brutalement. Quand je passe la trappe, Prom m’attrape le poignet,  m’attire dans ses bras et me serre contre lui. Une main se glisse dans mes cheveux, l’autre serre doucement ma taille. Je cache mon visage dans son cou et inspire la douce odeur de l’homme que j’aime.

    Je sens son cou vibrer contre ma joue en même temps que Prom émet un léger grognement, ce qui suffit à ce que le silence se fasse dans le bar. Du coin de l'œil, je vois New proche de nous, le bras tendu, sûrement pour me toucher l’épaule et attirer mon attention. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine en le sentant si possessif envers moi et je le serre aussi fort que je le peux pour le rassurer. New semble rapidement comprendre la situation et il lève les mains en signe de paix pour montrer à Prom qu’il n’a rien à craindre de sa part, qu’il ne cherche pas à m’enlever de ses bras. “Je m’appelle New, tu es Prom n’est-ce pas ?” 

    New ne cherche pas à déclencher les hostilités, il a compris qui est l’homme qui me serre contre lui, mais il prend quand même le temps de s’assurer que je ne risque rien. Il fixe l’homme que j'aime sans ciller une seule fois et je ressens une grande fierté pour cet homme qui me protège comme si j’étais un fils pour lui. Il se détend quand Prom hoche rapidement la tête sans dire le moindre mot. “Ok, je suis content que tu sois là. Le bar n’est pas le meilleur endroit pour discuter. La troisième porte à droite dans le fond, c’est la chambre de Benz.”

    “Merci.” Sa voix est forte et claire, il n’attend pas plus longtemps pour nous éloigner de la foule qui nous observe depuis tout ce temps, se demandant certainement ce qui se passe entre nous. Je le laisse me guider, ayant une confiance aveugle en lui. Je reste agrippé à sa veste, le visage niché dans son cou.

    Quand il referme la porte de ma petite chambre derrière nous, le bruit du bar est largement atténué et un silence s’installe entre nous. Il n’est pas lourd et désagréable, au contraire, on savoure la présence de l’autre. Je m’abreuve de son odeur, alors qu’il ne cesse de me caresser les cheveux. Je me détends petit à petit et je me rends alors compte de combien je me sentais mal avant qu’il n’arrive. “Je te cherche depuis que je me suis réveillé dans la forêt ce matin-là. Je suis tellement heureux d’avoir enfin réussi.”

    Il n’est pas en colère, il ne m’en veut pas car dans sa voix je ne peux entendre que le soulagement. Il fait une simple constatation et savoir qu’il me cherchait me tord l’estomac et fait accélérer mon rythme cardiaque. Pourtant, je finis par froncer les sourcils et je me redresse sans me décoller de lui pour pouvoir le regarder. “Mais… et Third ?”

    Je ne dois pas me réjouir, si je suis parti, c’est parce que mon meilleur ami, mon frère aime l’homme qui me tient actuellement dans ses bras. D’ailleurs, il est surpris par ma question car il fronce doucement les sourcils avant de rire doucement. “Third a créé un sacré raffut quand il a compris que tu étais parti, surtout quand il a compris pourquoi tu l’avais fait.” Je baisse les yeux, me sentant soudainement coupable, c’est normal qu’il ait fait une scène, j’ai couché à plusieurs reprises avec l’homme qu’il aime.

    “Je suis désolé de ce qui s’est passé, il t’aime et … je le savais mais…” Ses lèvres se collent avec douceur aux miennes, me faisant taire alors qu’il m’embrasse tendrement. Je sens chaque muscle de mon corps se détendre brusquement et j’ai l’impression d’être de la guimauve entre ses bras.

    Il doit le sentir puisque, sans cesser de m’embrasser, il me guide vers le lit. Notre baiser prend fin seulement quand il m’aide à m’asseoir au bord du lit et qu’il s’accroupit devant moi en me caressant lentement la joue. “Third n’a jamais été en colère contre toi à cause de ce qu’il s’est passé entre nous Benz. Il n’a jamais voulu que tu partes et que tu te sentes coupable, tu es son ami et…”

    Des larmes coulent le long de mes joues, ce que j’ai pu être stupide de croire que mon départ pourrait empêcher Third de comprendre ce qui s’était passé. J’ai pensé à l’odeur de Prom partout sur mon corps, mais j’aurais dû penser que ma propre odeur entourait le blond. Je sens ma gorge se serrer, j’ai fait une erreur en fuyant, ça n’a de toute façon servi à rien, puisque Third a compris tout de suite. Tout ce que j’ai réussi à faire, c’est de faire souffrir tout le monde et… “Tu es celui que j’ai voulu, dès que j’ai posé les yeux sur toi. Tu ne veux toujours pas comprendre ce que l’on est l’un pour l’autre ?”

    Avec tendresse, il essuie les larmes qui coulent le long de mes joues et son discours me surprend. Je prends une profonde inspiration, soudain pris par le doute. Lentement, je lève les yeux et plonge mon regard dans le sien, m’ouvrant à toutes les possibilités. Je me rends compte que c’est peut-être bien la première fois que je le regarde ainsi. Avant mes chaleurs, je n’avais pas croisé son regard, ou bien je ne m’en souviens pas. Pendant mes chaleurs j’ai été tellement surpris par leur intensité, que j’étais incapable de ressentir quoi que ce soit. Même tout à l’heure, j’étais tellement ancré par la culpabilité, que j’ai étouffé tout le reste. 

    Je ne me suis pas intéressé à Prom car Third m’avait aussitôt dit l’aimer et que je ne voulais pas entrer en compétition avec mon meilleur ami. Pourtant, si j’avais été plus attentif, alors j’aurais compris que jamais il n’y aurait pu avoir de compétition possible entre nous. Pas quand son regard prenait pour moi l’aspect d’un lac doux et calme qui me berce, m'apaise et me rend confiant car… “ “Compagnons.” 

    Ma voix s’élève, tremblotante, mais sûre d’elle, Prom est à moi comme je suis à lui. D’un même mouvement, on se serre dans les bras l’un de l’autre et c’est un feu d’artifice de bien-être dans mon corps. C’est une évidence que nous sommes faits l’un pour l’autre, mais je n’ai juste pas voulu le voir pendant tous ces mois. “Third est désolé de ne pas s’être rendu compte de ce que nous étions l’un pour l’autre. Il était attiré par mon physique et …. il a un nouveau crush pour le médecin qui est venu pour l’aider à gérer sa crise d’angoisse.”

    Je le regarde un instant dans les yeux, surpris par la tournure des évènements et soudain j’éclate de rire. J’ai l’impression qu’un poids vient de quitter mon corps. Mon meilleur ami est vraiment un être étrange et à part. Je me sens soulagé pourtant de savoir qu’il a déjà des vues sur un autre et j’espère que cette fois ce sera le bon pour lui. Je me calme rapidement, mais je garde un petit sourire sur mes lèvres alors que je lui caresse doucement la joue. Je finis par soupirer, me sentant soudain stupide, si j’avais pris cinq minutes pour réellement réfléchir, alors aucun de nous n’aurait souffert à ce point. “Je suis désolé.”

    Il saisit mon visage entre ses mains avant de m’embrasser, toujours avec toute la tendresse qu’il lui est possible de me donner, avant de se reculer doucement et de me regarder assez sérieusement. “Tu n’as pas à t’excuser, jamais. Je ne t'en veux pas, mais promets-moi que si un jour tu as peur à nouveau, tu viendras m’en parler d’abord.”

    “Je te le promets.” C’est une promesse facile à faire et à tenir, car je ne compte plus jamais m’éloigner de lui. Nos fronts se collent l’un à l’autre et je ferme les yeux en savourant l'apaisement qui a saisi tout mon être depuis quelques minutes.

    Par contre, je crois qu’il y a autre chose dont on doit parler.”

    Son regard est fixé sur mon ventre gonflé et je sens soudain le bébé qui s’agite comme s’il avait compris que l’on parlait de lui. Je rougis violemment avant de lui répondre d’une voix un peu bougonne. “On ne s’est pas vraiment protégés cette nuit-là." Je me mordille aussitôt nerveusement la lèvre. Je ne sais pas comment il va réagir à ce fait. Oui, on est compagnons, mais on ne se connait pas vraiment, alors un bébé maintenant est sûrement trop rapide pour lui.

    Il pose délicatement sa main sur l’arrondi et je frissonne quand il caresse mon ventre, c’est le tout premier à le faire à part moi. Sammy a déjà voulu le faire, mais je l’en ai empêché, elle a été déçue de ne pas pouvoir sentir les coups du bébé, mais elle a compris. Je comprends moi aussi maintenant pourquoi j’ai refusé, je voulais que ce soit le père qui puisse découvrir son bébé sous ma peau tendue pour la première fois. Je l’observe alors qu’il sent les coups que notre enfant donne en sentant cette nouvelle caresse et il a un grand sourire aux lèvres. “C’est une fille ou un garçon ?”

    “Je ne sais pas… je n’ai pas voulu savoir…sans toi.” Je comprends aussi que je voulais le savoir, j’en mourais d’envie, seulement, partager cette joie sans Prom était déprimant. Il s’assoit à côté de moi et me serre dans ses bras.

    “Alors si tu veux, on pourra le découvrir bientôt tous les deux.” Nos yeux se croisent et je sens une bouffée de joie me saisir à la gorge. Je hoche la tête avant de la poser contre son épaule. Je savoure l’étreinte qu’il m’offre avant que je ne le sente pouffer contre moi. “Je savais bien que je n’avais pas perdu ce manteau.”

    Je regarde dans la même direction que lui et rougis fortement, ce manteau a servi à couvrir ma nudité pour rentrer chez moi, puis je n’ai pas pu le laisser sur place et je l’ai emmené avec moi. “Il avait ton odeur, c’était rassurant.” J’ai un peu honte de l’avouer, alors je me cache de nouveau dans son cou et je décrète que c’est le meilleur endroit où je peux me trouver. 

    “Maintenant tu n’auras plus besoin d’un manteau, je ne vous quitte plus d’une semelle tous les deux.” Mon cœur s’emballe face à cette promesse et je lui souris tendrement avant de venir timidement lui embrasser le cou. Il nous fait alors basculer en douceur et je me retrouve allongé sur le côté, un bras de Prom est passé sous ma tête alors qu’il est allongé derrière moi et que sa deuxième main vient naturellement se poser sur mon ventre où, sans même s’en rendre compte, il fait de petits cercles dessus. “Est-ce que tu veux rentrer dans la meute ou bien rester ici avec tes amis ?”

    Je tourne la tête pour faire face à mon Alpha, je sais combien cette demande peut être difficile pour cette classe. Ils sont plus habitués à diriger qu’à se laisser diriger, mais je le sais depuis le jour de mes chaleurs, Prom n’est pas un Alpha comme les autres et j’aime profondément son caractère, le fait qu’il ne cherche pas à m’asservir et à prendre seul toutes les décisions.

    Je passe mon bras par-dessus ma tête pour attraper sa nuque, l’attirer à moi et l’embrasser avec ferveur, ma langue glissant entre ses lèvres pour aller caresser la sienne. Il répond à mon baiser avec envie et je sens une douce chaleur envahir mon corps. Depuis six mois, je n’ai pas ressenti cela, c’est comme si j’avais été endormi tout ce temps, attendant le retour de celui qui pourrait me faire frémir.

    Nos lèvres se séparent, on a le souffle court et il pose son front contre mon cou en inspirant mon odeur. “J’ai envie de retourner dans la forêt et de retrouver la meute. Ma mère et Third me manquent. Tu es… d’accord avec ça ?”  J’hésite, je ne veux pas paraître lui imposer les choses. Même si je n’imagine pas ma vie loin de la forêt, si Prom décide d’aller ailleurs, on sait tous les deux que je le suivrai où qu’il aille.

    Il me serre plus fort dans ses bras, nos jambes s'emmêlent les unes aux autres et je suis bloqué dans un cocon de chaleur réconfortant, car son odeur est partout autour de moi et je me suis rarement senti aussi bien qu’à cet instant. “Benz, on ira où tu te sens le mieux, j’aime vivre dans la forêt, alors on rentrera quand tu te sentiras prêt.”

    Complètement détendu et en parfaite sécurité dans les bras de l’homme que j’aime, je me laisse doucement glisser dans le sommeil. Prom, lui, continue de caresser mon ventre, comme s’il voulait rattraper six mois en une seule nuit. Avant que je ne sombre totalement dans le sommeil, il se penche sur mon oreille pour chuchoter quelques mots qui me donnent le sourire. “Joyeux Noël Benz, je t’aime.”

     

    Je me réveille le lendemain matin et je me rends compte que je n’ai pas dormi aussi bien que ça depuis six mois maintenant. J’ai beaucoup bougé en dormant et je suis allongé face à Prom, mon visage posé contre son cou, mon ventre collé contre le sien et je tente de me rapprocher de lui encore plus pour profiter de la chaleur qui émane de son corps. J’ouvre petit à petit les yeux avec un sourire plaqué sur les lèvres.

    Je veux pouvoir l’observer à mon aise, alors je gigote un peu pour me reculer et pouvoir graver chaque trait de son visage dans ma tête. Aussitôt, son étreinte se resserre autour de moi alors qu’il se met à marmonner. “Ne t’en va pas…” Mon cœur se serre quand je vois l’expression qui se peint sur son visage alors qu’il dort encore à moitié. Il semble nerveux, apeuré et triste. Mon loup, qui était extatique depuis que Prom était apparu, se met à couiner en se roulant en boule dans un coin. Je ressens un flot de culpabilité car je sais que je suis responsable de son état, je l’ai abandonné et s’il ne m’avait pas cherché, peut-être que je ne serais jamais revenu dans la meute. 

    Je caresse doucement son visage du bout des doigts, prenant le temps de découvrir pour la première fois ses traits. Il est beau, mon cœur s’emballe quand mes yeux découvrent l’angle de sa mâchoire, la douceur du trait de ses lèvres et son nez où je laisse mes doigts glisser. Tout à ma découverte, il me faut quelques secondes pour me rendre compte qu’il a ouvert les yeux, je l’ai réveillé. Je me sens rougir brusquement et enlève rapidement mes doigts comme si j’avais fait quelque chose de mal, mais il les rattrape facilement et les porte à sa bouche, les embrassant avec tendresse, me faisant respirer un peu plus fort. “Je n… ne voulais pas te… réveiller.”

    “Tu peux me réveiller comme ça tous les matins si tu veux.” Tenant toujours mes doigts, il se redresse et pose ses lèvres sur ma joue. Est-ce que je suis un peu déçu qu’il ne m’embrasse pas sur la bouche ? Bien sûr, j’aime les sensations que ses baisers déclenchent en moi. Il doit sentir mon trouble puisque son sourire se fait plus tendre.

    “Benz, je veux que l’on reprenne les choses dans l’ordre, que je t’invite à sortir, que l’on apprenne à se connaître et qu’un jour, on fasse l’amour ensemble pas à cause de tes chaleurs, mais parce que tu auras envie de moi.” Je veux lui expliquer que je veux vraiment faire ça, que je veux apprendre à le découvrir et avoir une relation normale avec lui, mais l’émotion m’en empêche pendant un moment.

    Je prends quelques secondes pour respirer et me contrôler, je comprends aussi beaucoup de choses à cet instant-là. “Je veux que l’on fasse les choses normalement aussi…” Je baisse un instant les yeux avant de caresser lentement mon épaule, j’avais pensé qu’il ne voulait pas de moi car il avait refusé de me marquer quand sans hésitation je lui avais offert mon cou, maintenant je sais qu’il avait une autre raison. “C’est pour ça… que tu ne m’as pas marqué cette nuit-là ?” 

    Nos regards se croisent et il n’a même pas besoin de répondre, car je peux le lire dans ses yeux et le sourire qui ne m’a pas quitté depuis mon réveil s'agrandit encore plus quand il me répond. “Ne pas te marquer cette nuit-là a été la chose la plus difficile à faire. J’ai envie de le faire, je veux que l’on s’appartienne totalement l’un à l’autre. Je le ferai, mais quand tu le voudras vraiment, pas à cause de tes chaleurs. Et ton épaule, elle va bien ?”

    Je gigote un petit peu pour pouvoir tirer sur mon t-shirt et dévoiler la cicatrice que j’ai gardé et que je chéris encore plus maintenant. “Ça a guéri en quelques jours, c’est la cicatrice dont je suis le plus fier.” 

    Il caresse la cicatrice du bout des doigts en souriant avant d’y déposer les lèvres, déclenchant un frisson le long de ma colonne vertébrale. Puis, pendant un long moment, le silence retombe dans la petite chambre. Il me serre dans ses bras, il me câline et m’embrasse chastement à plusieurs reprises. Soudain mon ventre s’agite, il se déforme et je grimace un peu quand le bébé tape dans mes côtes alors qu’il se retourne. Aussitôt, Prom pose sa main sur la bosse énorme qui s’est formée et masse doucement. “Doucement bébé, tu es en train de faire mal à ton père.” Je souris quand il s’approche de mon ventre pour lui parler et je rougis quand il lève doucement mon t-shirt exposant ma peau tendue, il pose ses lèvres dessus et je sens mon cœur déborder de joie et d’amour alors qu’il murmure des mots apaisants à notre enfant. 

    Je ferme les yeux en me focalisant sur ses lèvres chaudes et sur ses caresses. Je suis apaisé, détendu et rapidement je me retrouve à somnoler en profitant de cet instant de tendresse. Je peux sentir que nos loups apprécient l’instant aussi puisqu’ils sont tous les deux lovés l’un contre l’autre “Benz ? Il faut se lever, ton cadeau de Noël va bientôt arriver.” J’ouvre un œil curieux, mais je ne bouge pas d’un pouce, je suis trop bien à cet instant et je pourrais rester encore dans ce lit et dans ses bras un petit moment.

    “Un cadeau de Noël ?” Je fronce un peu les sourcils, on vient de se retrouver alors comment est-ce qu’il a pu me préparer un cadeau de Noël. C’est bien la première fois que je vais en recevoir un, mais je me sens coupable, car moi je n’en ai jamais offert et je n’y ai même pas pensé. “Mais je n’ai rien à t’offrir moi…”

    Il m’embrasse sur la tempe en riant avant de m’aider à me relever et de me prendre dans ses bras. “Benz, hier tu m’as offert deux magnifiques cadeaux, je t’ai retrouvé et tu portes notre bébé, je n’ai besoin de rien d’autre.” Il m’embrasse doucement du bout des lèvres. “Va prendre une douche, j'irai après et on pourra aller manger quelque chose.”

    “Viens prendre ta douche avec moi.” Je ne veux pas m’éloigner de lui, j’ai l’impression de rêver depuis hier et j’ai peur qu’en sortant de la douche, je me rende compte qu’en fait, il ne m’a jamais retrouvé. Je ne sais pas si je pourrais le supporter. Alors je ne veux pas que l’on soit séparés. Je recule vers la petite salle de bain, tenant sa main et le tirant pour qu’il me suive. Et même s’il semble hésiter au début, il ne résiste pas et me suit.

    On passe un long moment sous la douche, il n’y a rien de sexuel entre nous, même si on en a tous les deux envie. On se contente de se serrer dans les bras l’un de l’autre, profitant de la présence de l’autre. Je pousse de nombreux soupirs quand ses mains glissent sur moi pour me laver et que moi je fais la même chose. 

    New et Sammy sont tous les deux en train de préparer l’ouverture. Quand la porte de ma chambre s’ouvre, ils se retournent d’un même mouvement pour nous regarder et leurs sourires s'agrandissent quand ils voient nos doigts entrelacés et nos visages heureux. Je crois qu’ils ne m’ont jamais vu avec un si grand sourire.

    Sammy est la première à s’approcher de moi, saisissant ma main libre. “Je suis contente de te voir sourire comme ça Nong.” Je lève les yeux vers Prom, le regardant avec tendresse avant qu’elle ne se tourne vers lui, les yeux lumineux. “Et je suis contente que tu aies réussi à le retrouver, c’est pas faute de l’avoir poussé à te contacter. Prends soin de lui surtout. Je vais aller vous préparer de quoi manger.”

    Elle s’apprête à tapoter l’épaule de Prom, mais je vois qu’elle se retient au dernier moment, c’est un Alpha et ils ne sont pas assez proches pour avoir ce genre de gestes. Même si je sais que jamais Prom ne lui ferait du mal, tous les Alpha ne sont pas gentils comme le mien. Elle se dirige vers la cuisine et rapidement, je peux l’entendre chantonner alors que des bruits d’ustensiles nous parviennent.

    New est appuyé contre une table et nous observe avec un petit sourire énigmatique au coin des lèvres. “Enfin levés, je me suis demandé à un moment s’il ne t’avait pas enlevé dans la nuit.” Il rigole doucement alors que je sens Prom se tendre près de moi et je serre doucement sa main pour lui montrer que tout va bien.

    “New, ne nous taquine pas s’il te plait.” Il éclate de rire en se redressant avant de se diriger vers Prom et de lui tendre la main.

    “On n’a pas réellement eu le temps de se présenter correctement, je m’appelle New, je suis le propriétaire de ce bar et … j’ai recueilli ce jeune loup il y a un peu moins de six mois maintenant.” La mâchoire de Prom se contracte légèrement, il n’est pas en colère après New, il n’aime tout simplement pas se souvenir du moment où je suis parti. Pourtant, il finit par s’avancer et lui serrer la main vigoureusement.

    “Merci d’avoir pris soin de lui et de l’avoir protégé.” New lui tapote l’épaule amicalement et je pousse un petit soupir de soulagement, me disant que quand le loup de Prom comprendra que New et Sammy ne sont pas d’éventuelles menaces, alors ils s'entendront bien tous les trois. 

    “Allez vous asseoir, Sammy va vous ramener à manger, ça te fera pas de mal d’enfin faire un vrai repas.” Je rougis fortement aux paroles de New et baisse les yeux sans répondre. Je me rends compte maintenant qu’être loin de Prom n’a pas été bon pour moi. J’étais totalement à la dérive, ne mangeant que du bout des lèvres et surtout pour le bébé. Je me mordille la lèvre inférieure en sentant le regard de l’homme que j’aime peser lourdement sur moi.

    Je vais ouvrir la bouche pour tenter de me justifier quand le tintement de la porte d’entrée du bar retentit soudainement. Je me tourne vers les nouveaux venus, prêt à leur dire que le bar n’est toujours pas ouvert, mais ma voix se coince dans ma gorge et mon cœur loupe un battement quand je reconnais les deux personnes qui se tiennent à quelques pas de moi. “Maman ! Third !”

    Je suis figé sur place, je ne comprends pas ce qu’ils font là, comment ils peuvent se tenir devant moi à cet instant. Je lève les yeux vers Prom, complètement perdu, et il me rassure d’un sourire tendre en essuyant une larme qui est en train de couler le long de ma joue. “Je t’ai dit que ton cadeau de Noël était en route.” Il embrasse mon front tendrement alors que je me retrouve à renifler piteusement, complètement chambouler par le flot d'émotions qui me submerge. Il me serre contre lui avant de chuchoter avec tendresse à mon oreille. “Je t’aime Benz. Joyeux Noël." 

    Je me recule, surpris par ses mots, mais ça ne m’effraie pas, au contraire. “Je t’aime aussi.” Je me mets sur la pointe des pieds avant de lui voler un baiser, puis de me précipiter vers les deux autres personnes qui m’ont tellement manqué au cours de ces derniers mois. “Maman !” Je me jette dans les bras de ma mère qui me réceptionne en douceur. 

    “Ne pars plus jamais comme ça…. tu m’as fait une peur bleue.” Elle me serre dans ses bras et je ne peux plus me retenir de pleurer à chaudes larmes quand je ressens son étreinte maternelle et rassurante.

    “Je suis désolée maman.” Elle me berce lentement jusqu’au moment où une masse nous saute dessus et j’entends un léger grognement juste à côté de nous donc mon meilleur ami se recule légèrement. Je souris en coin en me rendant compte que Prom est très protecteur envers moi même quand il s’agit de mon meilleur ami.

    “Benz, ne pars plus jamais, je suis désolé de t’avoir forcé à partir… je n’aurais pas pu me pardonner s’il t'était arrivé quelque chose. Et puis Prom, il m’a fait super peur ce matin-là et alors j’ai du aller chez le médecin et j’ai rencontré l’homme le plus merveilleux du monde… Et puis Prom est parti à ta recherche et on pensait que jamais on ne vous reverrait… Alors tu imagines quand il nous a appelé pour nous annoncer qu’il t’avait retrouvé ? Ta mère et moi, on a sauté dans ma voiture sans attendre et j’ai roulé toute la nuit. Et nous voilà et là je me rends compte que cet Alpha a oublié de nous dire la chose la plus importante de l’histoire…. tu es enceint… c’est merveilleux… je vais être tonton, je vais...”

    “Third respire…” Je l’interromps en éclatant de rire alors qu’il m’a raconté toute cette histoire sans prendre le temps de respirer. Il rougit et se mordille la lèvre, gêné, mais je connais son enthousiasme, c’est l’une des raisons qui fait que je l’apprécie tant. Alors cette fois, c’est moi qui le serre dans mes bras. “On ne se quittera plus maintenant, je vous le promets.”

    Je me sens bien alors que Prom finit par se rapprocher, il m’enlace par derrière, ses mains se posent sur mon ventre alors que je suis toujours dans les bras de ma mère et que Third nous agrippe comme si j’allais soudainement disparaître. Je me sens à ma place, en compagnie de ma famille, je sais que le futur s’annonce serein et heureux. J’ouvre les yeux et vois New et Sammy du coin de l'œil dans les bras l’un de l’autre, mes amis, ceux qui sont devenus une deuxième famille pour moi. Je pose une main sur celle de Prom, entrelaçant nos doigts sur notre avenir, sur ce bébé qui arrivera bientôt. A cet instant, debout dans le bar qui m’a abrité pendant ma fuite, je me sens complet, heureux et confiant en l’avenir qui nous attend.

     Images Romans


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