• Chapitre 15 : Bien ou Mal

    Chapitre 15 : Bien ou Mal

    Hmph ! J’étais d’une humeur de merde ! Je mélangeais grossièrement et de façon maussade, mon riz frit à la chair de crabe. (La meilleure compétence héritée de ma mère ne m’aidait pas non plus.) Juste au moment où je tendais la mains pour prendre mon verre afin de me calmer, mon bras glissa, heurta la fourchette dans mon bol, le faisant tomber au sol en claquant fort. Des restes de riz s’éparpillèrent partout dans la pièce. Merde ! Je ne l’avais pas fait exprès.

    “Hey sérieusement, qu’est ce qui ne va pas avec toi? Tu es possédé par un fantôme ou quelque chose comme ça ? Tu es assis, mais tu n’arrêtes pas de gigoter depuis tout à l’heure.” Un bruit retentit sur la table pendant que je me penchais pour ramasser la fourchette et les restes de nourriture.

    “Ouais, Fuse est vraiment possédé par un fantôme, regarde son visage inexpressif.” Je levai les yeux vers ma mère et ma soeur et posai ma fourchette sur la table. Je m’en foutais, je n’allais plus manger de toute façon.

    “Alors qu’est-ce qui se passe avec toi ? Coeur brisé ? Dispute avec ton amoureuse ?” Hum… Elle avait presque deviné pour les deux. Je la regardai et soupirai.

    “Pas vraiment, je ne sais pas non plus ce qui se passe, alors j’en ai marre de ça.” Je dis que je ne savais pas, mais tout ça, c'était la faute de Tee. Qu’est-ce qu’il foutait, comme s’il essayait de m’éviter ou quelque chose comme ce qui s’était passé il y a trois jours. Quand j’étais rentré à la maison et que je l’avais trouvé assis avec ses amis à faire ses devoirs. On s’était souris et salué, mais ça m’avait semblé très étrange. Il faisait attention à garder ses distances avec moi, comme s’il ne m’aimait pas, pourquoi ? Je n'arrivais vraiment pas à suivre ses humeurs.

    “Tous les adolescents ont des problèmes, mais ils ne font pas un visage aussi plissé que s’ils portaient un masque de tissu. Ce ne sera pas très beau quand tu feras une critique plus tard. héhé.”

    “Tu te soucies seulement de ces masques faciaux.” Ne te sens pas concerné par les problèmes de ton frère. Pfff.

    “Oh ! Tout va bien, ok, mais si quelque chose te préoccupe, alors tu peux m’en parler ou peut-être demander de l’aide à ta soeur.” Elle tendit la main pour me caresser la tête, comme pour consoler un gamin terrifié, puis elle me fit un clin d’oeil qui me surprit et me laissa sans voix.

    “Oui.” Je hochai la tête, acceptant ses mots alors que je voulais juste partir. Même moi je ne savais pas où était le problème et encore moins où trouver quelqu’un pour m’aider. Je levai mon verre et pris une gorgée lorsque ma soeur commença à se plaindre d’avoir oublié de commander des produits et elle monta à l’étage en un éclair pour téléphoner. En fin de compte, elle me laissait tout nettoyer. Hey, Soeur Fing, tu ne pouvais pas attendre cinq minutes, hein. Je secouai la tête, impuissant, quand mon IPhone sur la table vibra et l’écran s’alluma.

    Champ :

    ✉ Fuse ?

    ✉ Salut !

    C’était Ai’Champ de la classe 13 (Le meilleur ami d’Ai’Tee). Est-ce que je l’avais déjà salué sur LINE ou il m’avait ajouté seulement aujourd’hui ? Confus, je tapai sur mon clavier pour lui répondre.

    Fuse :

    ✉ Quoi de neuf ?

    ✉ Il y a quelque chose, Champ ?

    ✉ ???

    Champ :

    ✉ Tu es avec Ai’Tee ?

    ✉ Est-ce qu’il se passe quelque chose avec vous, les gars ?

    Ah ! Même lui se demandait ce qu’il se passait entre nous ? Je me grattai la tête en essayant de répondre.

    Fuse :

    ✉ Il n’y a rien…

    ✉ Pourquoi ?

    Champ :

    ✉ Parce que quand tu es rentré chez toi aujourd’hui.

    ✉ Ai’Tee était assis comme un abruti distrait.

    ✉ Refusant de parler, de jouer avec ses amis.

    ✉ Nos devoirs ne sont pas finis aussi, parce qu’il refuse de les faire, alors on ne peut pas copier.

    C’était... Je m’asseyai un instant, repensant au sourire qu’il m’avait montré, ou peut être pas, à ce moment là. Si j’y réfléchissais, je ne pensais pas que ça avait à voir avec moi, d’accord ? Ça pouvait être important aussi, j’avais peut-être tort.

    Fuse :

    ✉ Et il est comme ça à cause de quoi ?

    ✉ Certainement pas moi.

    Champ :

    ✉ Pas sûr non plus.

    ✉ Je pensais juste que vous étiez proches récemment.

    ✉ Merde ! Il te court après 55555

    Hey ! Hey ! Les vieilles nouvelles comme celle-ci se propageaient aussi vite qu’un virus. Je tapai rapidement une réponse pour démentir.

    Fuse :

    ✉ Tu es fou !! Ne va pas croire de telles bêtises !

    ✉ Il faisait juste une blague.

    ✉ Nous sommes juste proches l’un de l’autre.

    Champ :

    ✉ Ouais

    ✉ Alors aide-le un peu, ok ?

    ✉ On lui a demandé, mais il a refusé de nous dire ce qui se passe.

    Fuse :

    ✉ Bien sûr je peux.

    ✉ Je ne veux pas non plus le voir comme ça.

    Je répondis et lui envoyai un autocollant ‘Don’t Worry, Be Happy’. (Je ne voulais pas le laisser trop y penser, cet ami s’inquiétait beaucoup pour lui.) Puis, j’éteignis rapidement l’écran, car je ne voulais plus m’inquiéter à propos de ça. Voilà j’avais assez de questions sur Tee qui tournaient dans ma tête encore et encore.

    Les problèmes qui persistaient dans nos esprits seraient finalement résolus dans les minutes qui allaient suivre.

    Sa belle et grande maison était étendue dans le noir. Il y avait plusieurs pièces avec de la lumière et je me rappelai que l’une d’elle était la chambre de Tee.

    Et maintenant, comment j’allais entrer ? Je venais pour rencontrer leur fils à plus de 23h, qui répondrait à la porte ? Et même si quelqu’un ouvrait, comment je pouvais leur expliquer ?

    Je marchai de long en large devant la grille, combattant l’air froid de la nuit avant de finalement sortir mon téléphone pour l’appeler.

    Je ne tardai pas à entendre sa sonnerie habituelle, il me répondit. “Salut.” Son ton semblait normal, comme d’habitude, rien ne clochait.

    “Euuuh…” A ce moment-là, j’attendais déjà devant sa maison, ça devrait aller. “Hey, Tee.”

    “Quoi de neuf Fuse ? Il y a un problème pour que tu appelles si tard ?”

    “Je… Je suis devant ta maison.”

    “Hein ! En ce moment ?” J’avais bien deviné, il était vraiment surpris puisqu’il cria à travers le micro du téléphone. Si c’était moi, qu’un ami venait voir à 23h sans prévenir, j’aurais réagi pareil.

    “Bin ouais, tu as bien entendu. Descends maintenant et ouvre-moi la porte, je meurs de froid !”

    “Bien sûr, juste une seconde.” Répondit-il, mal à l’aise, avant de raccrocher.

    Bientôt, j’entendis le bruit précipité de ses pas. Quand le grand gars apparu, il portait juste un t-shirt et un pantalon ordinaire mais avec son beau visage, c’était tout sauf ordinaire. (Sacrément chaud ! Tellement étrange, comment pouvait-il être toujours aussi beau quand il avait l’air fatigué? Ou allait-il voir un médecin? C’était pour ça qu’il était beau 24h/24, j’en étais sûr.) Il resta un moment silencieux en voyant que je portais toujours mon uniforme scolaire, même si j’étais rentré à la maison. J’étais tellement occupé à réfléchir que je n’avais pas remarqué, c’était fou.

    “Dis-le moi à l’avance, quand tu viens si tard.” Le maître des lieux ouvrit le petit portail et me laissa entrer, puis il me dirigea dans la cours silencieuse. Il semblait que tout le monde à part celui qui marchait devant moi dormait. Je le vis comme d’habitude et je commençai à me demander si cela avait un sens au milieu de la nuit.

    “Il est tard, tu ne dormais toujours pas ?” Je demandai poliment, mais il me répondit avec beaucoup moins de politesse.

    “Si je dormais, tu ne me verrais pas marcher comme ça.” Bâtard, j’allais lui casser la tête. (Ce serait vraiment cool, mais je ne devais pas faire de mal au jeune maître chez lui.)

    Enfin, nous atteignîmes la chambre d’Ai’Tee. C’était probablement la seconde fois que je rentrais dans cette pièce, alors que du Heavy Metal jouait par le haut parleur posé sur le coin de la table et relié à un IMac. En voyant ça, j’enviai la vie des riches. Chez moi, on utilisait toujours un vieux Vaio 2009, qui redémarrait au moins deux fois par jour automatiquement.

    Il me tendit un verre de jus d’orange qu’il avait sorti de je ne savais où, puis il retourna s’asseoir sur sa chaise devant l’ordinateur pour changer la musique.

    “Si riche, tu peux m’acheter aussi un MacBook Air ?”

    “Pas si riche, pour quelqu’un qui peut acheter une Wii U, une 3DS, une PS Vita et un IPad, Huhu. Combine ces machines et tu pourras peut-être acheter un Mac.” Oh ! Quelle surprise mais qui j’étais pour argumenter ? “Comment va ta blessure à la tête ? Est ce que ça va mieux ?” Pour répondre à sa question je me touchai le front pour constater que la bosse avait beaucoup diminué.

    “Ça va mieux, quant à toi, à quoi tu joues ?” J’étais installé dans le coin opposé du lit alors je ne voyais pas clairement l’écran.

    “Je cherchais des informations pour rédiger un rapport de physique sur les fluides. J’étais tellement absorbé par la recherche que je n’ai pas vu qu’il était si tard. L’enseignant nous a dit de faire plus de 70 pages.” Hum, quel type de professeur demandait de faire quelque chose de si extrême. Je me levai pour le rejoindre, perplexe puis je m’assis sur une chaise à côté de lui et vis que l’écran était plein de page web, google, wiki et d’autres pages académiques.

    “Quel rapport il y a avec les poissons ?”

    “Quel insolent, et toi ?” Je me sentais un peu soulagé, car au moins il plaisantait comme d’habitude. “Alors tu as quelque chose à dire ?” J’avais presque oublié ça, hein, mais j’étais venu ici, même si je ne trouvais pas comment y répondre. Je me souvenais seulement de comment Tee m’avait regardé hier, ça m’avait tout fait oublier et avec son comportement étrange aujourd’hui, j’étais encore plus confus.

    “Je ne sais pas pourquoi je suis venu te voir, mais tu agis de façon étrange.” Je commençai à expliquer en essayant de ne pas croiser son regard.

    “Étrange ? Étrange comment ?” Il cessa de me regarder et reporta ses yeux sur l’écran.

    “Ai’Champ m’a dit qu’après mon retour à la maison, tu étais resté silencieux tout le temps, tu refusais de parler ou de jouer avec tes amis.”

    “...”

    “Cet après midi, tu semblais être possédé par un fantôme. Je ne comprends pas, mais si on y réfléchit… tu es comme ça à cause de moi, non ?”

    Il resta un long moment silencieux avant qu’il ne commence à répondre. “Non… il n’y a aucun lien avec toi.” Dit-il doucement et je restai un moment silencieux pour réfléchir avant de remarquer qu’il y avait quelque chose de bizarre dans son ton.

    “Alors qu’est-ce qui ne va pas avec toi ?”

    En définitive, sa réponse qui était la même qu’avant n’était pas fausse, mais son regard me dit qu’il mentait. “Je t’ai dit que je n'avais pas de problème. Pour le moment, je suis très occupé et si tu ne veux que parler et pas m’aider, alors ne me dérange pas.” Je soupirai parce que je l’avais sûrement dérangé dans ses recherches. Je vis qu’il tapait ‘Liquide’ dans la barre de recherche puis il appuya sur la touche Entrée, avant de l’effacer et de chercher à nouveau le mot ‘liquide’, entrée, supprimer, ressaisi à plusieurs reprises.

    Bon sang ! Il n’allait pas bien après tout.

    J’attrapai son poignet “Tu es fou ? Travailler dans cet état.” Mais je n’avais pas fini de parler avec lui. Il serra ma main durement, je fronçai les sourcils et suivis ses yeux distants sur l'écran d’ordinateur.

    “S’il n’y a rien d’autre, tu peux rentrer chez toi, je suis occupé.” Je soupirai lourdement, parce que son message signifiait qu’il ne voulait pas parler.

    “C’est parce que tu es comme ça que je suis venu. Je dis qu’il doit y avoir quelque chose qui cloche avec toi. Et tu ne peux pas t’attendre à ce que je ne m’inquiète pas.”

    “...” Le silence à nouveau, alors que le heavy métal avait pris fin il y a quelques instants et était maintenant remplacé par du reggae, ce qui ne collait pas du tout avec l’ambiance actuelle.

    “J’en ai marre que tu agisses comme ça, s’il y a quelque chose qui ne va pas, s’il te plait, parles-en.” Entre ça et hier, je me sentais épuisé, jusqu’à me sentir agacé par tout le monde, même avec Ai’Tee. J’essayai de tirer sur son épaule pour qu’il me fasse face afin que nous puissions parler, mais son grand corps s’éloigna et il agit comme si cela ne lui plaisait pas. Je n’aimais pas ça du tout.

    “Fuse, retourne chez toi, je t’en prie… s’il te plait, pars.” Son visage était tordu alors qu’il se détournait comme s’il essayait de lutter contre quelque chose.

    “Et si je refuse de rentrer, qu’est ce que tu vas faire ?”

    “Fuse, je t’en prie…”

    “Tu es un idiot ! Tu es déraisonnable.” Si tu trainais toujours ça comme ça, bien, je ne reviendrais pas. Je fixai son visage à la recherche d’une réponse, mais je ne pouvais toujours pas deviner à quoi il pensait.

    Tee soupira profondément et commença à parler très vite. “Très bien, je vais partir alors.” Il se leva et s'apprêta à sortir de la chambre. Si c’était comme ça, alors c’était de la folie. Je tirai son bras en arrière, puis le poussai sur le lit. Je sautai à côté de lui et entourai son corps de mes bras sans lui laisser la possibilité de partir.

    “Qu’est-ce que tu fais ?”

    “Ai’Tee, qu’est-ce que, toi, tu fais ? S’il te plait, dis-moi ! Est-ce que tu ressens la même chose que moi ? Je veux être sûr de ce que je suis en train de devenir ces derniers jours.”

    Tee semblait s’être un peu calmé, ses yeux se fermèrent. “Qu’est-ce que tu ressens ?”

    “Je ne sais pas, je ne sais pas comment répondre lorsque quelqu’un me demande si quelque chose ne va pas. Ces quelques jours, tu m’as fait me sentir mal à l’aise. Ce que tu penses, ce que tu fais quand je te vois, même si tu es mon ami, ça a l’air différent. Je ne sais même pas pourquoi je me sens comme ça avec toi contrairement aux autres, quand tu me touches. Je l’avoue, d’accord, j’en suis conscient, quelque chose comme ça ne s’était jamais produit auparavant. Parfois, je sais que tu te moques de moi, que tu me taquines et que tu refuses de l’admettre, mais je ne peux plus le supporter. Mon coeur est sur le point d’exploser. C’est bizarre que tout ait changé depuis cette nuit-là, je ne pensais pas que ce serait comme ça. Je ne comprends pas, putain. Qu’est-ce qui se passe? Pourquoi tu t'éloignes de moi ? Ça fait très mal, tu sais.” Je finis de parler, vidant mon sac jusqu’au bout, mais ma tête se sentit beaucoup plus légère après ça.

    Il resta un long moment avant de murmurer mon prénom doucement. “Fuse…”

    “...”

    “Si je te disais que je ne suis pas différent de toi… que je ressens plus que toi. Qu’en penses-tu ? Que penses-tu de ces sentiments ?” Ces yeux saphir me fixaient.

    “Que ressens-tu ?”

    “Je veux que tu sois à mes côtés chaque jour, à chaque instant. Quand je respire, il n’y a pas un moment où je ne pense pas à toi.” Avec ces quelques mots, mon coeur gonfla si facilement. Cette prise de conscience m’enserra et monta en moi. “Tu me manques, je me sens fou, quand je t’ai vu embrasser Jean hier, je sais que je n’avais pas le droit d’intervenir, mais j’étais tellement jaloux. Je voulais être le seul à le faire avec toi. Je voulais que tu n’aies que moi, seulement moi… je sais que c’est impossible, que tu as déjà une petite amie.”

    “...”

    “Je me disais que je ne devais pas trop en demander. Tant que je peux rester avec toi en tant qu’ami, que tu restes près de moi, je suis déjà satisfait. Mais quand je te vois, je pense que je veux plus que ça. Fuse, je ne te considère pas comme un ami, tu es une personne bien plus importante pour moi… pour moi, tu es quelqu’un de spécial.”

    Je fermai la bouche et ne dis rien. Tout cela dépassait mes attentes. Bien que je ne les avais pas toutes comprises, finalement, j’avais obtenu la réponse que je voulais.

    “Tee…” Pour l’instant, rien n’était plus important que lui.

    Je sentis que mon corps était resserré dans une étreinte puissante qui semblait plus chaude qu’avant.

    “Fuse, je ne peux plus le supporter, m’interdire de te toucher. Je dois t’éviter pour me le rappeler, sinon je serais négligent et je te ferais quelque chose, mais maintenant, je ne peux plus me l’interdire.”

    “Je… moi aussi.” Je répondis doucement contre son épaule.

    Tee renforça son étreinte, tout en murmurant lentement à côté de mon oreille.

    “Fuse…”

    “...”

    “Ce soir…”

    “...”

    “Laisse moi t’appartenir”

     

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