• Chapitre 1 partie 1

    Chapitre 1 partie 1

    Point de vue de Zon

    “Les étudiants de la fac de Communication sont tous très mignons khrab. Venez, mangez ici, ou voulez-vous essayer de manger mon coeur?”

    “Même si P’ n’est pas célibataire, laissez-moi vous dire que P’ est toujours frais na.”

    “Les étudiants de la fac d’Ingénierie sont fidèles. Ayez l'espoir de vous marier. Faites preuve d'infidélité, mais promettez de ne pas le faire souvent.”

    “(sifflement de drague)”

    ****************

    L’atmosphère à la cafétéria de la faculté d’Ingénierie est un parfait exemple du genre de situation que l’on n’aime pas. Il y a des bavardages désopilants partout, des voix taquinant les élèves d’autres facultés et même, des cris vers quelqu’un qui est juste de l’autre côté de la table.

    Je lève la tête, mon index et mon pouce massant ma tempe en cercle comme si cela pouvait aider à réduire la douleur et la faire disparaître, mais non. Ça ne s’arrange jamais car plus la voix devient forte, plus elle me tape sur les nerfs.

    “Est-ce que ça va, Zon?”

    Ma bouche dit peut-être ‘ok’, mais à ce moment-là, mon coeur tombe presque sur la table et je ressens également le besoin d’utiliser un flingue et de tirer sur ces étudiants, pour leur faire comprendre afin que je puisse survivre.

    Je n’ai jamais aimé la cafétéria de la faculté d’Ingénierie et l’idée de venir jusqu’ici pour manger ne m’aurait jamais traversé l’esprit. Cependant, la cafétéria de la faculté de Communication est fermée pour rénovation, c’est pourquoi nous avons fait tout le chemin jusqu’ici ensemble.

    “Si c’est le cas, alors continue ton histoire. J’attends la suite.”

    “Bien sûr.”

    Après un moment, je commence à raconter à mes amis ce qu’il s’est passé la nuit dernière. Ils continuent d’écouter. L’histoire n’est pas si énorme, c’est juste que mes parents ont discuté de deux choses.

    Le premier problème concerne mes résultats qui sont plutôt en dessous de la normal, ils m’ont donc demandé de me concentrer davantage et de redoubler d’efforts pour obtenir une meilleure moyenne. J’accepte cela facilement et je suis également confiant pour essayer de faire de mon mieux la prochaine fois.

    Cependant, le problème suivant est quelque chose que je n’ai pas pu comprendre. Ils m'ont demandé d'arrêter d'écrire des romans de science-fiction. Alors même qu'ils savent que mon rêve est d’écrire des romans, ils restent toujours sur leur position.

     

    “Papa pense que Zon devrait arrêter d’écrire un roman et utiliser ce temps précieux pour étudier, n’est-ce pas mieux. Ta moyenne a autant baissé parce que tu es plongé dans l’écriture de ce foutu roman.”

    “Mais, ce foutu roman dont tu parles est quelque chose que j’aime, na khrab. Je me souviens que papa et maman ont dit une fois qu’ils nous soutiendraient peu importe les choses que nous préférons. Alors, pourquoi papa ne peut pas me soutenir pour ce que j’aime? Mais, pourquoi papa agit différemment avec Zol?”

    “Ta moyenne a tellement chuté et pour ta soeur… il n’y a aucun problème avec la sienne. Elle nous prouve déjà, à maman et moi que faire ce qu’elle aime n’affecte pas du tout ses études.”

    “En plus, ta soeur a déjà réussi à avoir un contrat avec un éditeur. Et toi, Zon? Tu fais ce que tu aimes depuis un long moment, non seulement ça a complètement échoué, mais tes études en ont terriblement pâti. Si cela continue, alors maman ne sera pas d'accord avec ça.”

    “Mais…”

    “Il n’y a pas de mais, ou quoi que ce soit. C’est mon dernier mot, désormais Zon doit cesser d’écrire ces romans.”

     

    Je me rappelle encore du ton et de l’expression de papa quand il me parlait. Le sentiment d’échec m’a frappé au point que je me suis presque enfui de la maison. Mais, comment puis-je fuguer de chez moi? Si je l’avais fait, qu’est-ce que j’aurais mangé alors?

    Je dois toujours vivre et aller de l’avant même quand je continue à être comparé à Zol dans tout; les études et l’écriture de romans.

    En ce qui concerne l’écriture de romans, ça me touche énormément parce que j’ai commencé à écrire avant elle, mais elle a plus de succès que moi.

    En plus, en ce qui concerne le challenge proposé par Zol de gagner cent mille vues sur leurs propres romans, c’est impossible. Il ne sait pas s’il est fou ou stupide d’avoir accepté ce pari, à ce moment-là.

    “Voilà toute l’histoire.”

    “Es-tu sérieux?!” Junior crie fort jusqu'à ce que Nathee et Tanthai se tournent vers la personne qui vient de faire du bruit.

    “Je veux dire, c’est vraiment fini?”

    Et merde, seulement avec les regards que mes amis lancent, je le sais déjà, mais pour l’instant, je ne suis vraiment pas d’humeur à discuter avec eux. En fin de compte, je hoche la tête et leur dis que ce qui s’est passé est vrai.

    “Oui, ils m’ont vraiment dit d’arrêter d’écrire.”

    “C’est étrange. Habituellement, tes parents montrent leur soutien total à leurs enfants, n’est-ce pas? Alors, pourquoi soudainement sont-ils totalement contre celui-ci?” demande Tanthai, curieux, fronçant également les sourcils, comme ses amis.

    “Je suis aussi curieux que vous les gars. Je ne sais pas si c’est parce que ai’Zol a dit quelque chose ou quoi, que mon projet de roman de science-fiction a échoué comme ça.”

    “Tu blâmes toujours ta sœur na ai’Zon.”

    “N'est-ce pas vrai, cependant?”

    “Ce n’est pas vrai ai’bâtard!” répond Nathee sur un ton si dur que mes amis et moi, et même certaines personnes qui sont assises à proximité, le regardent bouche bée. “Rien, ce que je veux dire, c’est que N’Zol n’est pas ce genre de personne na.”

    Sérieusement, si je ne prends pas en compte le fait que ai’Tee est mon meilleur ami ou quelqu’un qui connait ma petite sœur depuis longtemps, je dirais qu’il aime ai’Zol na.

    Ehh? Ou il l’aime vraiment?

    Mes sourcils se froncent, dubitatif envers Nathee. Il est celui qui montre un comportement un peu bizarre, mais qui agit toujours très bien. Enfin, je décide de balayer la pensée de Nathee amoureux d’elle ou pas, car en ce moment, c’est déjà difficile de survivre à mon propre problème.

    “Et si ce n’est pas à propos d'ai’Zol, pour quelle raison ceci est arrivé na ai’Tee?”

    “A cause de ta moyenne?” a répondu Nathee.

    “Putain! Tu pourrais oublier ces notes du trimestre que personne ne connaît. Peut-être qu’elles sont aussi basses que ta taille.” commenta Junior avec un ton intimidant jusqu’à ce que je doive ramasser la paille et la lui jeter au visage.

    Ma taille est peut-être courte, mais ma fierté est haute na woie!

    “J’ai entendu dire que tu avais environ 2, n’est-ce pas?”

    “Oui,” répondis-je à mes amis d’un ton réticent. La moyenne de 2,1 durant le trimestre précédent, est un déshonneur qui va me hanter pour le reste de ma vie.

    “Honnêtement na, si j’étais tes parents, je ne m’arrêterais pas seulement à t’empêcher d’écrire un roman.”

    “Que ferais-tu na ai’Jia?” demande Tanthai.

    “Je le piétinerais jusqu’à ce qu’il s’enfonce dans le sol, enfant irresponsable !!! On t’envoie étudier juste pour que tu ramènes ce genre de résultats.”

    “Oui. Si c’était moi na, il prierait en attendant de voir la moyenne sur le web.” commenta Nathee, soutenant l’idée de Junior puis caquetant comme si c’était quelque chose d’hilarant.

    C’est différent de Zen, un autre de mes amis qui exprime son inquiétude.

    J’ai l’habitude d’avoir des maux de tête à cause d’eux. Je ne sais pas si c’est une chance ou une malchance d’être dans le même groupe qu’eux. Même s’il y a quelqu’un de raisonnable comme ai’Zen, les trois autres sont un gâchis complet.

    Peu importe que ce soit Tanthai, Junior ou Nathee, ils n’arrêtent pas facilement leur comportement ennuyeux. Et parce que la faculté de communication n’est qu’une petite communauté, la plupart d’entre eux sont déjà en groupes.

    Pour ceux qui restent, nous ne savons pas si c’est un complot entre l’enfer et le paradis qui nous fait rester ensemble.

    “Oh vraiment ~ Je suis vraiment désolé, mais je peux vous demander quelque chose les gars? Combien de points avez-vous obtenus pour le dernier trimestre? Est-ce loin de la moyenne de ai’Zon?”

    “Peu importe le nombre de points, mais ce n’est pas loin de toi non plus ai’Thai.” 

    “Mais, ma moyenne est beaucoup plus élevée que la tienne, n’est-ce pas?”

    “Juste 0,02 de plus que moi, et tu oses encore faire le malin khrab?”

    “Alors, il est toujours meilleur que toi, n’est-ce pas?”

    “Ça suffit!” C’est Zen qui perturbe la conversation entre Tanthai et Junior. “Pouvez-vous être sérieux ou pas?”

    “...” Ils se taisent tous. Leurs lèvres sont étroitement fermées comme si elles craignaient qu’une balle ne tombe de leur bouche.

    Il est impossible pour eux de ne pas avoir sacrément peur de ai’Zen puisque ce gars est indispensable pour le groupe.

    Que ce soit pour la rédaction d’un rapport, les examens, le tutorat et aussi tout ce que la bande ne peut pas se permettre de faire seul, et si on perd Zen, le malheur rendra immédiatement visite à la personne responsable.

    “Je vous le demande les gars, pouvez-vous être sérieux ou pas?”

    “Sérieux!!! On est déjà sérieux khrab! Pourquoi P’Zon n’essaye-t-il pas d’en parler avec P’Tor?” suggéra Junior en hochant la tête, ce qui me fit réfléchir davantage à la question.

    “Cela ne concerne que moi. Pour l’instant, je ne sais absolument pas ce que je suis censé faire.”

    Je ne sais pas si je devrais arrêter d’écrire un roman comme mes parents l’ont demandé ou simplement continuer. Cependant, si je continue à écrire et que mes parents l’apprennent, je peux déjà m’attendre à ce que le montant de mon argent de poche diminue, puis je serais damné.

    Dans la vie d’un étudiant en communication de deuxième année comme moi, l’argent est crucial.

    “Ensuite, faites tourner le nombre de vues. Faites-le monter et atteindre les cent mille.” suggéra Tanthai.

    “Hoie, c’est bien aussi.” Nathee hoche la tête, soutenant l’idée.

    “Je pense aussi que c’est une bonne idée car si le nombre de vues atteint cent mille ou plus, cela t’aidera certainement à prouver tes compétences à tes parents. Cela prouve également que tu réussis le challenge que tu as fait avec ta sœur.”

    Ce n’est pas différent de ce que Junior a déjà dit et je pense personnellement que cela a du sens, mais ...

    “Si tu fais ça, il n’y a pas de quoi être fier.”

    “Dans des moments comme celui-ci, si les compétences ne fonctionnent pas, la magie et les tours doivent être utilisés na ai’Zon. Tu n’as pas le temps de penser à ta fierté.”

    “Eh bien, ce n’est pas vraiment de la fierté ou quoi …” je réponds d'une voix faible. “Oubliez ça. Je pense que je vais juste me reconcentrer sur mes études et obtenir de bons résultats pour eux, ça suffit.”

    “Concernant les notes, c’est quelque chose sur lequel Zon devrait travailler, mais en ce qui concerne le roman, c’est quelque chose que Zon imagine, n’est-ce pas?”

    “Oui, c’est quelque chose que j’aime. Mais, vous le voyez ici, la chose que j’adore et ce que veulent mes parents sont complètement opposés. Que peut faire un enfant comme moi alors, à part obéir à leurs choix?” Après avoir parlé, ils se sont tous tus. Je comprends que c’est difficile mais après quelques temps, ça ira mieux, comme d’habitude. “C’est bon les gars, je suis juste ici pour partager mon problème. S’il n’y a pas de solution, alors je dois juste l’accepter.”

    “Ça ne marchera pas comme ça. Tu as essayé de discuter de ce problème avec nous, donc il doit y avoir une solution.” s’est exprimé Junior comme s’il réfléchissait.

    “Si c’est le cas, pourquoi ne fais-tu pas cela? Que dirais-tu d’essayer d’écrire une histoire similaire à ce que ta sœur a écrit? Peut-être que cela pourrait fonctionner et atteindre beaucoup de vues, par rapport à ce que tu as écrit auparavant. De plus, si cela fonctionne bien, il y a une forte possibilité pour que tes parents l’acceptent.”

    “Essayer d’écrire le même genre d’histoire que ma sœur?”

    “Absolument! Au moins, tu es toujours sur la bonne voie pour devenir romancier. Change juste un peu de direction, de la science-fiction au genre Y-Y. Qu’est-ce que c’est encore?”

    “Je pense que l’idée de ai’Jia n’est pas mauvaise na Zon. Il n’y a aucun mal à essayer. Surtout dans un moment comme celui-ci où les lecteurs préfèrent lire ce genre. Obtenir une grande quantité de vues serait un jeu d’enfants et si tu es chanceux, l’éditeur pourrait te contacter. En plus de supprimer les termes préoccupants de ta part, tes parents seront fiers de toi aussi. Qu’en dis-tu Zon, d’essayer ça d’abord?”

    Nathee me tente pour que je considère ce que Junior a proposé. Il en va de même pour mes autres amis qui hochent la tête et sont d’accord avec lui.

    “Y a-t-il vraiment beaucoup de lecteurs?”

    “Beaucoup.”

    “...”

    Je reste silencieux.

    Dans ma tête, je me demande simplement si c’est vraiment bon. Cependant, je pense que c’est impossible car peut-être qu’après avoir publié l’histoire, il est peu probable que quelqu’un la lise.

    “Non, c’est mieux si je ne le fais pas. Je pense que je vais arrêter d’écrire.”

    “Tu abandonnes facilement na woie.”

    “Mais je ne sais pas non plus par où commencer.”

    “Commence par le ship ZonZen d’abord, puis je vais t’aider avec le tag ‘Meilleur ami amoureux de son ami’. Hoie, cela peut totalement arriver na.”

    Une fois que le mode sérieux s’estompe, ils redeviennent malicieux.

    “Crois-moi na Zon, cela peut vraiment arriver.”

    “Tu veux mon pied en premier?”

    “Hahaha” Je n’ai pas fini de parler, pourtant ils rient déjà. C’est peut-être une mauvaise décision de les consulter pour ce problème.

    “Hoie, c’est ai’Saifah avec sa bande.” crie Junior avec ses yeux quelque part, derrière moi.

    Il agite sa main sans s’arrêter jusqu’à ce que je ne puisse pas m’empêcher de me retourner et de voir si c’est le même gang auquel j’ai pensé.

    Et oui ... la vue dont nous sommes tous témoins est celle de trois gars qui entrent dans la cafétéria.

    La première personne est mon ami proche de l’époque du lycée. Son nom est Tutor. Pendant notre scolarité, nous avions l’habitude de rentrer à la maison ensemble, mais après notre entrée à l’université, ses parents ont vendu leur maison et déménagé dans une autre province, tandis que Tutor a dû s’installer dans un dortoir.

    Au début, mon ami a décidé de ne pas poursuivre ses études, même lorsque son score à l’examen lui a valu la première place à la faculté. Cela pourrait être dû au problème financier auquel sa famille était confrontée à l’époque. Ils ont fait faillite et étaient même endettés. Ai’Tor lui-même ne savait pas quoi faire.

    Cependant, à la fin, ai’Tor n’a pas abandonné ses études. Ses parents et sa sœur aînée aussi n’étaient pas d'accord avec cela puisqu’ils ont demandé et supplié mon ami de poursuivre ses études.

    Heureusement, mon ami est un excellent étudiant qui peut compter sur certaines bourses, tout en travaillant à temps partiel, et ça suffit à Tutor pour faire face à sa vie de tous les jours sans trop de problèmes.

    La vie de mon ami est en quelque sorte pauvre, mais c’est évidemment une personne très persistante. C’est une personne qui n’aime pas demander de l’aide à qui que ce soit et ne montre jamais ses faiblesses.

    Ce sont probablement les points forts mais aussi les points faibles de ai’Tutor. Le côté positif c’est qu’il est mentalement fort et le côté négatif c’est que, parfois, il mérite aussi d’être frappé à la tête.

    Peu importe si personne d’autre ne lui pose de questions, mais parfois, il ne dit simplement pas quel est son problème. Ça a toujours été à moi d’enquêter.

    La deuxième personne s’appelle Day. Je ne suis pas tellement proche de lui et je le connais simplement comme l’ami ingénieur dans le même gang que ai’Tor.

    La dernière personne est ai’Saifah, un jeune homme dont la taille dépasse la mienne de dix centimètres. Il est l’un des membres du club de football, avec Junior et Tanthai.

    Les trois sont en quelque sorte assez proches, mais pour ma part, je n’arrive pas à bien m’entendre avec lui. Peut-être parce que ai’Saifah et moi ne nous aimons pas et évidemment, chaque fois que nous nous rencontrons, nous nous repoussons l’un l’autre.

    Au cours de notre première année, lui et moi avions juste une bonne relation normale. Même quand nous n’étions pas proches l’un de l’autre, nous n’avons jamais eu de problème. C’est différent de ce qui arrive en ce moment, le problème ne fait que s’accumuler et s’accroître en permanence. Et cela est en partie dû à l’incident qui s’est produit ce jour-là.

    Un incident que je n’oublierais jamais.

    Et ai’Saifah lui-même, pourrait ne jamais l’oublier aussi.

     

    Chapitre 1 partie 1


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :