• Chapitre 1 : Heat

    Chapitre 1 : Heat

    J’ai toujours été un enfant de la nature, aimant parcourir la forêt que ce soit sur mes deux pieds ou sur mes quatre pattes. Quand je cours entouré de cette verdure, je me sens libre, heureux et en sécurité. La meute dans laquelle je vis n’est pas très importante, elle ne fait jamais parler d’elle et moi, ça me convient parfaitement. Je connais chaque membre et malgré mon statut, personne ne cherche à prendre l’ascendant sur moi ou peut-être que c’est à cause de mon caractère. Ma mère me dit toujours avec tendresse que je suis un Bêta enfermé dans le corps d’un Oméga et que si je ne me calme pas, alors aucun Alpha ne voudra de moi.

    C’est une belle journée, on est au début de l’été et on apprécie tous de pouvoir se dégourdir les pieds sur un sol tiédi par le soleil. Aujourd’hui, je suis de corvée de ramassage de fruits. Ce n’est pas forcément une activité que j’apprécie, mais je dois faire ma part pour aider la meute à vivre et habituellement, ces travaux passent réellement vite car je suis accompagné de Third mon meilleur ami. Quand il est là, je fais ce qui m’est demandé tout en l’écoutant babiller sur tout et n’importe quoi. Third est l’oméga par excellence, petit, mince, les traits fins et surtout, il a un caractère doux, sensible. D’ailleurs parfois, il est un peu trop effacé, c’est un véritable cœur d'artichaut et une véritable pile électrique quand il s’agit d’amour.

    Depuis quelques semaines, il ne cesse de s’extasier sur le nouvel Alpha qui a rejoint notre meute. Il vient de la ville et ça fait rêver mon meilleur ami, on sait seulement qu’il a quitté sa meute, mais on n’a eu aucun détail. C’est une information que seul le grand Alpha possède et s’il ne la divulgue pas et accepte l’Alpha, alors c’est qu’il est digne de confiance. Moi, je ne l’ai jamais vraiment croisé. De toute façon, à chaque fois que nos chemins se sont croisés, j’étais trop occupé pour lui prêter réellement attention. 

    Mais comme Third m’en parle à longueur de journée, j’ai l’impression de le connaître, tout comme je sais qu’il en est fou amoureux, qu’il cherche maintenant le bon moment, mais surtout le courage d’aller l’aborder dans un premier temps, puis de lui avouer ses sentiments ensuite. Je souris en coin, en repensant aux paroles de mon ami qui me manque terriblement en cette fin d'après-midi.

    Aujourd’hui, il a été assigné à une autre tâche et c’est la raison pour laquelle je suis seul tellement loin dans la forêt. Je pense surtout qu’ils nous ont séparés, car on n'est pas assez efficaces ensemble, vu que mon ami est une pipelette et que moi je l’écoute un peu trop attentivement. 

    Je suis donc dans une clairière au fin fond des bois, devant un grand Jambosier d'eau. En début d’après-midi, j’ai grimpé dans l’arbre pour ramasser les fruits les plus hauts tant que je n’étais pas trop fatigué. J’ai rempli ma charrette et je suis plutôt content car les enfants raffolent de ces fruits et ils vont être très heureux. Maintenant, je n’ai plus qu’à les ramener au village. 

    Avant ça, une petite pause ne me fera pas de mal, alors je m’installe sur un rocher pour manger quelques fruits. J’allais croquer dans le premier fruit tout en me demandant ce que pouvait faire Third quand j’ai senti une vague de chaleur naître dans mon bas ventre pour s’étendre brutalement dans tout le reste de mon corps. Le fruit que je tiens dans la main m’échappe alors que ma main se pose sur mon cœur qui palpite et que mes yeux s’écarquillent. L’explosion de chaleur revient, prenant naissance encore une fois dans mon bas ventre avant d’envahir chacun de mes membres.

    Mes chaleurs ! Elles ne sont pourtant pas prévues avant la semaine prochaine et jamais elles n’ont été en avance ou en retard. Je prends une profonde inspiration en essayant de ne pas paniquer alors que je sens tout mon corps se mettre à trembler. Je veux croire à une fausse alerte, c’est peut-être simplement un accès de fièvre, ça peut arriver parfois au changement de saison. 

    Malheureusement, mes espoirs s’envolent quand une nouvelle vague de chaleur me saisit, plus violente que les précédentes et que le désir naît au creux de mes reins. Je me lève sans trop savoir ce que je vais faire, je chancelle et me rattrape au tronc in extremis. J’y pose mon front déjà recouvert d’une couche de sueur froide pour tenter de garder le contrôle.

    Je sais pourtant que le contrôle est impossible dans ces moments-là et comme pour me donner raison, mon sexe commence à durcir et la lubrification à couler le long de mes cuisses afin de préparer mon corps à la venue tant attendue d’un Alpha.

    Je déteste être en chaleur, je déteste devoir dépendre de ces pilules pour les stopper car j’ai toujours refusé de laisser un Alpha me toucher. Je ne veux pas que ma première fois se passe pendant mes chaleurs, je ne veux pas découvrir le sexe avec quelqu’un juste pour me soulager. Malheureusement, je devrais le savoir, entre ce que l’on veut et ce que l’on a, il y a une grande différence. Et ma première fois n’allait pas du tout se passer comme je pouvais l’imaginer. 

    Ma respiration se fait laborieuse, je suis beaucoup trop excité, mon corps réclame d’être comblé et je ne suis pas sûr de pouvoir retourner chez moi prendre les médicaments qui me soulageront. Une pointe de peur surgit au fond de mon cerveau, ici, je suis exposé et en danger. De nombreux Alphas, même dans ma meute, sont incapables de se contrôler face à l’odeur d’un oméga en chaleur et alors…

    J’avale difficilement ma salive, mes jambes me lâchent, mais un instant je continue à m'agripper à l’arbre, ne voulant pas abandonner. Je subis vagues de chaleur, après vagues de chaleur, j’ai l’impression d’être en train de me consumer. Je résiste aussi longtemps que je le peux, mais finalement, sans même m’en rendre réellement compte, mes mains quittent le tronc rugueux et c’est en tremblant qu’elles ouvrent la ceinture de mon pantalon. Je suis complètement en transe, dans un autre monde. Quand enfin ma main se referme sur mon sexe dur et gonflé, je rejette la tête en arrière en poussant un fort gémissement. Sans attendre, je commence à faire de rapides va-et-vient, je me fiche complètement de prendre du plaisir, je ne veux qu’une chose, l’orgasme. C’est la seule chose qui pourra me soulager quelques instants et m’éclaircir les idées avant que la brûlure ne reprenne.

    Ma main s’active autour de mon sexe, le serrant fortement alors que mon bassin bouge de lui-même. Il ne me faut que quelques minutes pour pousser un cri plus fort quand je jouis en éjaculant dans ma main. J’ai du mal à retrouver ma respiration tant ce premier orgasme a été fort, je sais que ce ne sera pas le dernier, mais à cet instant, mon esprit est un peu plus clair. Mon désir est provisoirement rassasié, je pense que je vais pouvoir essayer de me mettre en route pour rentrer chez moi avant d’être de nouveau terrassé par le besoin de me faire prendre.

    Le trajet aurait été plus rapide sous ma forme lupine, d’ailleurs, je peux sentir mon loup trépigner à l’idée d’être libéré. Malheureusement, c’est impossible, je sais que si je lui laisse le contrôle à cet instant, il ira directement trouver un Alpha pour quémander ce que je refuse d'offrir.

    Je me redresse doucement, j’ai les jambes tremblantes et la sensation d’humidité est tellement désagréable que je voudrais me doucher sur le champ. Je remonte mon caleçon et reboutonne grossièrement mon pantalon. Déjà je ressens mon corps brûler, j’ai l’impression d’être en flamme, que chaque flammèche lèche ma peau encore et encore sans me laisser de répit. Je ne comprends pas pourquoi mes chaleurs semblent si fortes cette fois-ci.

    Je me frotte les yeux pour tenter d’éclaircir mes idées et ma vue, puis je m’élance, je fais un premier pas, un deuxième et au troisième, je m'effondre face contre terre en gémissant. Mes jambes ne me portent plus. Des larmes de rage, de peur et de panique prennent naissance au coin de mes yeux tandis que l’horreur de la situation me saisit les entrailles. Je vais devoir passer mes chaleurs ici, à la merci du premier venu. 

    Je me tourne sur le dos lentement en chouinant car déjà mon membre est redevenu dur et me quémande de l’attention. Je fixe le ciel bleu de cette fin de journée alors que mes mains bataillent pour tenter d’ouvrir de nouveau mon pantalon en vain. Je sursaute en poussant un petit cri de peur en sentant quelque chose de lourd me tomber dessus. L’odeur entêtante d’un Alpha me fait fortement gémir et presque jouir. La chaleur et le désir explosent dans mon bas ventre et je me cambre en m’accrochant désespérément à l’odeur.

    Mon esprit est scindé en deux, dans un coin de ma tête, je panique, je vais me faire violer par l’Alpha qui vient de me sauter dessus et je ne le veux pas. D’un autre côté, la plus grande partie de mon cerveau, ainsi que mon loup sont en extase totale, ils veulent cet Alpha tout de suite dans cette partie encore vierge de mon corps.

    Il me faut quelques secondes pour me rendre compte que si ce qui me recouvre a bien l’odeur puissante de l’Alpha, c’est bien trop léger pour être un de ces êtres massifs. C’est un manteau qui m’est tombé dessus, je saisis alors le tissu et le plaque contre mon nez, m'enivrant de l’odeur forte et boisée qui en ressort, en enroulant lascivement mes cuisses autour et en frottant mes hanches contre.

    Je suis gémissant, mon sexe frottant contre les tissus du vêtement fait monter le désir en moi, mais j’attends qu’il s’approche et réclame son dû. Je le veux, je ne pense à rien d’autre, trop shooté au parfum de l’Alpha pour être cohérent. Je suis frustré, il ne vient pas, cela me force à ouvrir les yeux, à me redresser sans penser à l’image dégradante que je dois offrir à me frotter ainsi sur un manteau.

    Je croise alors de magnifiques yeux sombres complètement dilatés par l’envie et je sens mon coeur faire une embardée. Mon sexe se contracte et la lubrification coule encore plus fort entre mes cuisses. J’ai devant moi le nouvel Alpha de la meute, le crush de Third. Il se tient à plusieurs dizaines de mètres de moi, une main fermement accrochée à la branche basse d’un arbre comme pour se retenir d’avancer.

    Son visage montre qu’il lutte, qu’il essaie de se contrôler et de ne pas obéir à l’instinct primaire qui le pousse à venir me posséder. Je comprends alors pourquoi il a envoyé son manteau sur moi, il tente ainsi de masquer mon odeur par la sienne. “Benz… je ne veux rien te faire, d’accord ?” Sa voix est rauque, suave et mon loup réagit au quart de tour, il trépigne, s’agite et je le sens couiner pour qu’il s’approche de nous. Je le veux, je veux qu’il me comble, qu’il m’aide à faire passer la brûlure qui me dévore et qu’il m’apaise enfin. 

    “Prom… Je… Prends-moi, aide-moi à arrêter tout ça… s’il te plaît.” Je me déteste de le supplier comme ça. Même si je ne suis pas dans mon état normal, je n’aime pas ça. Je me pensais fort, je me pensais indépendant. Et pourtant, me voilà à quémander au premier Alpha venu de m’aider à soulager mes chaleurs. 

    “Benz, tu ne sais pas ce que tu dis… je vais m’approcher, je vais te ramener à la meute et tu prendras tes médicaments.” Je n’ai même pas le temps de me sentir surpris qu’il sache que je ne vois pas d’Alpha pendant mes chaleurs, je garde juste en tête qu’il va s’approcher de moi et je me mordille la lèvre inférieure, je veux sentir ses mains sur mon corps. “N’aies pas peur, j’approche.” Je suis complètement enroulé dans son manteau, lové dans son odeur, mais quand il s’approche, mes yeux se dilatent complètement car elle devient encore plus forte et enivrante.

    “Proooom !” Je gémis fortement en le regardant s’approcher de moi. Je n’ai pas peur de lui. Instinctivement, je sais qu’il ne me fera pas de mal. Là tout de suite, je veux seulement qu’il me touche. La vague de chaleur qui m’assaille me donne l’impression que je suis en feu, je bous de l’intérieur et je ne supporte même plus le tissu qui couvre ma peau.

    Je tire sur mon t-shirt pour tenter de le retirer, j’ai beaucoup trop chaud, je dois me déshabiller, il n’y a que comme ça que ça deviendra un peu plus supportable. Enfin, ça et les mains fraîches de Prom qui se posent sur les miennes et je soupire. “Ne fais pas ça ! S’il te plait, tiens-toi tranquille.” 

    “Je ne peux pas… c’est trop… j’y arrive pas…” Je serre fort le manteau contre moi, allongé sur le dos et j’éclate en sanglots. J’ai déjà entendu les anciens Omégas parler de chaleurs qui sont très très fortes, incontrôlables, ils en avaient donné la raison, mais je perds la tête et je n’arrive pas à m’en rappeler. Je saisis brusquement le col du t-shirt de Prom et l’attire à moi sans le quitter des yeux. “Je te veux Prom…”

    Il tente de résister, de ne pas se laisser attirer. C’est bien la première fois que je vois un Alpha avoir une résistance si forte face aux chaleurs d’un Oméga. Quand ses barrières finissent par céder, je ne lui en veux même pas, au contraire. Sur le moment, je m’en réjouis car finalement, il écrase ses lèvres sur les miennes. Un baiser fougueux, animal qui me soulage partiellement.

    Sa langue rejoint la mienne et étouffe les gémissements qui sortent de ma gorge quand nos bassins se rencontrent et se frottent l’un contre l’autre. Je suis pressé, je ne peux plus attendre, je le veux en moi. Mes mains se posent brusquement sur la ceinture de son pantalon. J’essaie de l’ouvrir, je veux avoir accès à ce qu’il y a en dessous, mais mes mains tremblent et je n’arrive à rien.

    Quand enfin je vais réussir à faire céder la ceinture, Prom se redresse brusquement, quittant mes lèvres et me laissant un sentiment de désespoir intense, mon loup hurle presque à la mort, comme si se faire repousser par Prom était beaucoup trop difficile. Je commence à paniquer et pleurer, je ne veux pas être seul, j’ai besoin de lui à mes côtés. “Non ! Phi, ne pars pas …” Je tends la main pour tenter de l’attraper, pour le ramener tout contre mon corps, j’entends son soupir avant que, doucement, il ne se rallonge sur moi et je soupire de bien-être, l’angoisse diminuant fortement. Mon loup se couche sur le dos et montre son ventre en signe de soumission. 

    J’entrouvre les yeux et croise son regard. Mon ventre se contracte, j’ai l’impression que quelque chose crochète mon nombril, mais j’écarte rapidement ces sensations pour juste me focaliser sur sa présence. J’ai le souffle court, le corps couvert d’une fine couche de transpiration et mon sexe est droit, dur et palpitant. Quand il pose sa main sur ma joue, je pousse un petit soupir de soulagement et je sens la chaleur qui m’entoure diminuer légèrement. Je ne comprends pas comment juste un toucher, si doux soit-il, peut calmer mes chaleurs au lieu de les enflammer, alors que je m’embrase quand il ne me touche pas.

    “Je ne veux pas m’éloigner de toi, Benz, jamais. Seulement, je ne veux pas… que tu fasses quelque chose que tu ne ferais pas en temps normal.” Je n’arrive pas à clairement analyser la situation, est-ce qu’il me repousse ? Est ce qu’il me veut ? Ou bien, est-ce que je loupe une information capitale tant mon esprit est occupé avec une seule idée. J’essayerai d’y penser plus tard. Pour le moment, une seule chose compte, j’ai besoin de lui, je le veux lui et rien d’autre.

    Je pose la main sur sa nuque et l’attire à moi, c’est un baiser doux et lent et je savoure la sensation de ses lèvres chaudes bougeant contre les miennes. “Je fais toujours ce que j’ai envie de faire.” Ce n’est pas un mensonge, je vais rarement là où on me demande d’aller, je suis habituellement une petite teigne. Ce que je dis lui convient, car il recolle nos bouches ensemble, il m’embrasse de nouveau fougueusement et ses mains repoussent son manteau loin de moi, laissant mon odeur se diffuser partout autour de nous, ce qui l’enivre autant que son odeur m’enivre. 

    Il retire mon t-shirt et ses doigts frais laissent un sillon glacé et bienvenue sur ma peau. Je frissonne, je me tortille pour plus de contact, pour qu’il en arrive enfin au moment où il  me comblera. “Prom… n’attends pas… ça fait mal….” Je geins presque quand ses baisers ne suffisent plus à m’apaiser, mon sexe pulse douloureusement dans sa cage de coton, j’ai mal et la sensation de vide est vertiginieuse. Je n’ai jamais éprouvé cette douleur, celle du manque, celle du besoin d’appartenir à quelqu’un.

    Il ne répond pas, il mordille nerveusement sa lèvre inférieure comme pour se retenir en se faisant mal. Il ouvre mon pantalon et je pousse un petit cri quand ses doigts effleurent mon sexe. Je prends une grande inspiration et pousse un petit soupir quand il baisse tous mes vêtements d’un coup. Le vent frais sur mon corps me fait frissonner et ma peau se couvre de chair de poule, c’est presque apaisant comme sensation. 

    Je suis quelqu’un de relativement pudique, ce qui est assez drôle quand on y pense, car je me retrouve dans le plus simple appareil à chaque fois que je me transforme, mais, j’ai toujours réussi à le faire loin du regard des autres. Là, je n’éprouve aucune honte à être ainsi, complètement exposé à son regard, au contraire, j’écarte les cuisses aussi grand que je peux, l’invitant à venir me prendre tout de suite.

    Il est à quatre pattes au-dessus de moi, il ne me touche pas, il ne pèse pas sur moi et le sentiment de rejet me reprend fortement à la gorge. Sentiment oublié au moment où il capture mes lèvres, reprenant un ballet effréné avec nos langues. Mon cri est étouffé quand je sens ses doigts entrer en moi, je me cambre brutalement, la sensation est agréable, elle me soulage en partie et je m’accroche fermement à ses épaules en gémissant longuement quand il fait des mouvements de va-et-vient. J’ai l’impression de me noyer dans le plaisir, je ferme les yeux et rejette ma tête en arrière pour tenter d’inspirer un peu d’air, mais je n’y arrive pas. 

    Quand il touche ma prostate une première fois, mes yeux se révulsent, je vais finir par mourir sous ses mains et pourtant, je ne veux pas qu’il s’arrête, je veux qu’il continue, je veux qu’il s’allonge sur moi et me pénètre. Je lui fais comprendre en l’attirant vers moi, en cachant mon visage dans son cou. Je prends une profonde inspiration et j’ai l’impression de flotter, ce parfum boisé et légèrement mentholé augmente mon plaisir et je sens qu’il ne faudra pas longtemps pour que je jouisse une nouvelle fois. 

    Mon bassin suit le mouvement de ses doigts, je le bouge pour venir à leur rencontre, bougeant plus vite alors que des sons inintelligibles sortent de ma bouche. Finalement, tout mon corps se contracte, ma bouche s'entrouvre mais je ne respire plus, je ne gémis plus et c’est un orgasme dévastateur qui me paralyse complètement alors que je me répands en longs jets sur mon ventre.

    Je me détends brusquement, mon corps tremble de la tête aux pieds et j’ai la tête qui tourne car je respire trop vite et trop fort. “Calme-toi Benz, je suis là. Je suis près de toi.” Il me chuchote des mots doux à l’oreille et je râle un peu quand je ne sens plus sa présence en moi. Pendant de longues minutes, il me caresse lentement les flancs, me parlant doucement à l’oreille jusqu’à ce que mon souffle soit suffisamment calme. “Je vais te ramener maintenant.”

    J’ouvre les yeux, mon corps est détendu, la chaleur est endormie au creux de mes reins. Prom a su me donner ce dont j’avais besoin et même si je ne suis pas encore totalement lucide, j’arrive un peu mieux à réfléchir. Ses joues sont rouges, sa lèvre inférieure abîmée à force de la mordre et ses yeux sont totalement noirs, ses pupilles sont dilatées d’excitation. Mon ventre se tord quand je le vois dans cet état par ma faute, mais je suis aussi subjugué par la force dont il fait preuve. Il se retient toujours, il ne veut pas faire quelque chose que je pourrais regretter et je sais que malgré la douleur qu’il doit ressentir, il me ramènera sans problème et sans rien dire chez moi. 

    Je pourrais le laisser me ramener, je devrais le faire, pourtant, mon loup n’est pas de cet avis. Il se roule lascivement pour attirer l’Alpha, il veut se faire posséder et pas se contenter de se laisser sagement calmer par des médicaments. Il veut cet Alpha en particulier et bizarrement, je ne peux pas y résister non plus. “Ne me ramène pas, je te veux toi entièrement Phi.” Le souffle de Prom se coupe un instant après mes paroles, il prend ensuite une grande inspiration, puis il reprend mes lèvres de manière tendre. Je soupire de bonheur quand finalement, il pèse sur moi quand il s’allonge sur mon corps. Je me sens en sécurité ainsi couché sous lui, son odeur m’entourant totalement, j’ai l’impression que rien ne pourra jamais m’atteindre. 

    Concentré sur nos lèvres, je le sens à peine ouvrir son pantalon et quand il me pénètre, je pousse un petit cri étranglé. Ma respiration s’accélère alors qu’il pousse tout doucement. Malgré la lubrification et sa préparation, il est imposant et sans le vouloir, je lui mords la lèvre inférieure en m’accrochant à lui quand la douleur se fait trop présente. Il quitte mes lèvres et colle mon visage contre son cou, pile contre sa glande odorante et j’ai l’impression de devenir du chewing gum dans ses bras.

    Je pousse un soupir de satisfaction quand nos bassins cognent contre l’autre, quand toute sa longueur est enfin en moi et mon loup couine de bien-être quand il obtient enfin ce qu’il veut. J’enroule mes cuisses autour de sa taille et je savoure l’apaisement soudain que je ressens.

    Si, au début, les mouvements de Prom sont lents, doux et presque tendres, petit à petit notre côté bestial reprend le dessus. Sa peau claque violemment contre la mienne à un rythme effréné, j’ai la gorge en feu à force de crier à cause du plaisir qui déferle en moi. Chaque fois qu’il pousse, son gland tape ma prostate et je me rapproche petit à petit des étoiles et d’un nouvel orgasme.

    Quand je me sens au plus proche de la jouissance, je quitte ma cachette dans son cou. Je ne contrôle pas ce que je fais, mais j’ai l’impression que c’est ce que je dois faire, ce que je veux faire. Je veux lui appartenir, ne faire réellement plus qu’un avec lui pour le reste de notre vie. Je me soumets complètement à l’Alpha quand je tourne la tête pour lui offrir mon cou. 

    Quand ses dents s'enfoncent dans ma peau, je me cambre violemment, et me répands sur mon ventre dans un long gémissement. Seulement, l’orgasme n’arrive pas à masquer la peine qui s’imprime profondément dans mon cœur quand je comprends qu’il n’a pas mordu mon cou, mais mon épaule, il n’a pas voulu me lier à lui. J’ai envie de pleurer, mais je n’en ai pas l’occasion et cette idée est vite mise de côté car il continue de me donner de puissants coups de rein, prolongeant mon orgasme alors que lui approche du sien.

    Je sens son sexe grossir en moi, je grimace légèrement, mes doigts s’enfonçant dans son dos et je me prépare à ce qui va suivre. Ce n’est pas une surprise, c’est une chose dont les Omégas parlent souvent entre eux. Il s’enfonce une dernière fois, plongeant profondément en moi, un cri rauque passe la barrière de ses lèvres alors qu’il se répand en moi et qu’il me noue.

    Je gémis d’inconfort, la sensation n’est pas agréable du tout et je me mords la lèvre, me forçant à ne pas bouger pour ne pas avoir vraiment mal. Prom reste quelques minutes immobile, les yeux fermés, à respirer fortement, complètement ailleurs. Au bout d’un certain temps, il se penche vers moi et m’embrasse avec tendresse, puis il nous fait lentement basculer, en faisant très attention à ne pas me blesser. Je me retrouve allongé sur lui et si la sensation de son sexe noué à mon antre n’est pas agréable, au moins, il ne m’écrase pas et je peux me lover contre lui pour me reposer.

    Ses larges mains caressent lentement mon dos et je souffle de bien-être. Mes chaleurs sont pour le moment complètement endormies, je sais que dans quelques heures, je brûlerai de nouveau jusqu’à ce qu’il me refasse l’amour de cette manière, mais pour le moment, je me sens juste bien. “Tu vas bien ?” Sa voix trahit son inquiétude alors que ses doigts passent dans mes cheveux et me massent doucement le cuir chevelu. Je souris doucement, à moitié endormi, je n’ai pas le courage de bouger, je reste contre lui, et je me contente de hocher vivement la tête à plusieurs reprises. “Repose-toi un peu Nong, je pourrai bientôt me retirer.” Même si c’est inconfortable, l’idée de ne plus le sentir en moi me déplait et je lui montre en le serrant aussi fort que possible dans mes bras, ce qui le fait doucement rire. “Tu es mignon.” Je ne me reconnais pas à cet instant. Mais où est donc passé l’Oméga caractériel ? Je ne suis pas mignon, je ne suis pas comme ça. Ce qui vient de se passer, ce que j’ai pu ressentir depuis qu’il est arrivé dans la clairière, tout ça me fait un peu peur, mais je décide de laisser tout ça dans un petit coin de ma tête et de profiter des quelques heures de sommeil qui me sont accordées.

    C’est un rayon de soleil qui me tire du sommeil et me fait grimacer sans que je n’ouvre les yeux. Je suis bien au chaud et je n’ai pas envie de bouger. Je suis allongé sur le côté et je ne peux pas m’empêcher de sourire en sentant une présence dans mon dos qui me sert contre lui. Prom est toujours là, je peux sentir son souffle chaud s’échouer contre ma nuque et un léger frisson recouvre mon corps. Je me sens rapidement rougir, nous avons refait l’amour cinq fois après cette première fois bestiale et plus mes chaleurs disparaissaient, plus nos échanges étaient remplis de tendresse et de douceur.

    J’ouvre brusquement les yeux quand cette pensée me traverse l’esprit. La dernière fois où nous avons fait l’amour, c’était il y a quelques heures et… je n’étais plus en chaleur. J’avais juste envie de le sentir en moi, de fondre sous ses baisers et ses caresses. J’avale difficilement ma salive en comprenant que cette fois-là, le désir n’était pas dicté par ma condition d’Oméga, mais par mon envie d’humain, je le voulais comme si j'éprouvais quelque chose pour lui.

    Je suis perturbé par cette idée. C’est tellement étrange que je n’arrive pas à comprendre et les évènements de la veille sont flous dans mon esprit. On est tous les deux totalement nus, allongés sur nos habits, couverts par son manteau. Mon corps se couvre de chair de poule quand il est mordu par le vent frais du matin et mes yeux s’écarquillent quand je baisse les yeux sur moi. Je suis recouvert de suçons, de morsures et de griffures. Quand je bouge dans l’idée de me tourner pour observer Prom, je grimace, mon corps est courbaturé et j’ai mal au bas des reins, pourtant, je ne peux pas m’empêcher de sourire en me souvenant de pourquoi j’ai mal comme ça.

    Sourire qui disparaît bien vite quand le nom de mon meilleur ami s’inscrit brutalement dans mon esprit. J’ai fait passionnément l’amour avec l’Alpha que Third aime depuis des semaines. Je ne peux même pas dire que c’est de la faute de Prom, il a tenté de se retenir et c’est moi qui, sans aucune hésitation, l’ai poussé à me prendre encore et encore…

    J’ai trouvé étrange qu’il se contrôle autant, mais soudain, j’ai l’impression que les morceaux se replacent tout seul. Il se retenait car il ne me voulait pas, il voulait Third et j’ai tout gâché. J’ignore mon cœur qui se serre alors que mon loup se met à pleurnicher dans son coin.

    Comment je pourrais faire face à Third, comment je pourrais lui annoncer que j’ai couché à six reprises avec l’homme qu’il aime et que ce dernier l’aime sûrement aussi. Comment je peux ne serait-ce qu’imaginer la peine que je vais lui infliger. Je n’aurai même pas besoin d’ouvrir la bouche cela dit, je suis couvert de l’odeur de Prom, j’aurai juste à me promener pour que tout le monde devine ce qui s’est passé cette nuit. Je rougis à cette idée et je me mordille nerveusement la lèvre inférieure. Mon amant a dû sentir mon changement d’humeur car son bras, qui est posé sur mon ventre, resserre son emprise pour me ramener près de lui. Seulement cette fois, ça ne suffit pas à m’apaiser.

    Je ne peux pas accepter les gestes de tendresse d’un homme qui est sûrement amoureux de mon meilleur ami, meilleur ami que je viens de trahir de la pire des manières. Je fais très attention à mes gestes pour ne pas le réveiller et je quitte ses bras. J’ignore la sensation désagréable dans mon ventre et tente de récupérer mes habits, mais je ne peux pas, il est allongé dessus et je ne veux pas prendre le risque qu’il se réveille. J’ai trop honte pour lui faire face alors, sans faire de bruit et en croisant les doigts qu’il ne soit pas sensible au froid, je prends le manteau qui nous a servi de couverture. J’essaie de ne pas regarder son corps exposé, mais je ressens une étrange fierté quand je vois les nombreuses marques présentes sur son corps.

    Je secoue la tête pour m’éclaircir les idées, je m’enroule dans le manteau et n’attends pas une seconde pour quitter la clairière, grimaçant en sentant de nombreux fluides couler le long de mes cuisses. Je me faufile vers ma maison, celle que je partage encore avec ma mère et je n’ai plus qu’une idée en tête, je dois… partir, quitter la meute et ne plus jamais revenir. Je dois m’effacer pour laisser une chance aux deux hommes d’être heureux ensemble, même si cette décision me déchire le cœur. 

    Je ne prends qu’une douche rapide avant de mettre mon porte-feuille et quelques habits dans un sac que j'accrocherai à ma cheville.. Je dois faire vite, avant que tout le monde ne soit levé car alors, ma fuite sera impossible et tout le monde le saura. Je ne laisse même pas un mot à ma mère, comment lui expliquer ce que j’ai fait sans rougir. Je me contente de franchir la porte, de m’enfoncer dans les bois, mais cette fois, en direction de la ville. Je m’enfonce d’une centaine de mètres avant de me déshabiller entièrement, de ranger mes habits et de laisser mon loup prendre le dessus. 

    Je le sens qui hésite un instant à courir rejoindre Prom, mais je réussis à le convaincre et alors il s’élance, il nous éloigne de notre meute, de notre famille même si cette décision me déchire le cœur.

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    2
    Vendredi 1er Octobre à 23:44

    Ooooh J'ADOOOOOORE!!!

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